Politique

Sénégal : Karim Wade incarcéré avec sept autres « complices »

L'instruction de l'affaire ne peut excéder un délai de six mois.

L'instruction de l'affaire ne peut excéder un délai de six mois. © AFP

Karim Wade, inculpé le 17 avril d’ »enrichissement illicite » pendant la présidence de son père Abdoulaye Wade, de 2000 à 2012, a passé sa première nuit en prison où il pourrait rester plusieurs mois avec sept autres « complices ». Une « décision politique », selon ses partisans qui entendent se mobiliser.

Karim Wade, 44 ans, a rejoint peu avant minuit, le 17 avril, la prison de Rebeuss, dans le centre de Dakar, en bordure de mer, sous une forte escorte de policiers et de gendarmes, selon des témoins. L’ancien « super ministre » venait d’être inculpé pour « enrichissement illicite » par un juge de la commission d’instruction de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), une juridiction spéciale.

Sept autres personnes ont également été inculpées de « complicité d’enrichissement illicite » et également « placées sous mandat de dépôt », selon une source au ministère de la Justice. Il s’agit de Ibrahim Aboukhalil Bourgi dit Bibo, homme d’affaires sénégalais d’origine libanaise, de Pape Mamadou Pouye et Pierre Agboba, deux responsables de la société aéroportuaire d’assistance au sol, Aviation handling service (AHS Sénégal), du journaliste Omar Diallo dit Cheikh Diallo, ancien conseiller en communication de Karim Wade et responsable d’un quotidien privé local, et d’un ancien responsable d’Aéroports du Sénégal (ADS), Mbaye Ndiaye. Alioune Samba Diassé et Alioune Konaré, figurent également parmi les « complice » de Karim Wade selon la même source.

La loi sénégalaise sur l’enrichissement illicite stipule que la Commission d’instruction de la Crei « procède à l’instruction du dossier dans un délai qui ne peut excéder six mois ». En théorie, Karim Wade peut donc rester incarcéré tout au long de l’instruction.

"Chasse aux sorcières"

« C’est malheureux qu’une décision de justice de cette nature soit traitée au niveau politique », dénonce Babacar Gaye, porte-parole du Parti démocratique sénégalais (PDS), parti de l’ex-président Wade.

Pour une députée du PDS, Fatou Thiam, le pouvoir « s’acharne sur Karim Wade parce qu’il est un concurrent potentiel de Macky Sall » à la présidentielle de 2017. Mais « le PDS est un parti indestructible » et « nous sommes déterminés » à faire face, promet Youssou Diallo, autre responsable de ce parti.

Le PDS dénonce, depuis le début des enquêtes sur l’enrichissement illicite lancées après l’arrivée de M. Sall au pouvoir, une « chasse aux sorcières ». Il a prévu d’organiser une « marche nationale » à Dakar le 23 avril pour soutenir Karim Wade, qui de 2002 à 2012, a été conseiller spécial de son père, puis « super ministre » détenant plusieurs portefeuilles clés dont la Coopération internationale, l’Énergie et les Infrastructures.

Surnommé « ministre du ciel et de la terre », le fils de l’ex-président Wade, qui voyait en lui son successeur naturel en dépit de son impopularité, avait été interpellé le 15 avril à Dakar par les gendarmes et placé en garde à vue. Quelques heures auparavant, ses avocats avaient remis au parquet de la Crei des justificatifs d’un patrimoine évalué par cette cour à plus d’un milliard d’euros. 

Karim Wade est aussi visé par une enquête en France à la suite d’une plainte de l’État du Sénégal pour recel de détournement de fonds publics, recel d’abus de biens sociaux et corruption.

(Avec AFP)

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