Politique

Côte d’Ivoire : faible affluence aux élections locales boudées par le camp Gbagbo

Deux ans après la fin d’une crise postélectorale sanglante, des Ivoiriens étaient peu nombreux à retourner aux urnes, le 21 avril, pour des municipales et régionales marquées par le boycottage du parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, symbole d’une réconciliation en panne.

Mis à jour le 21 avril 2013 à 11:30

Mis à jour, le 21 avril à 16h15

Très peu d’Ivoiriens se sont rendus aux urnes , le 21 avril,  pour les élections municipales et régionales. Double scrutin boycotté par le Font populaire ivoirien (FPI). Le parti de Laurent Gbagbo boycotte ces scrutins, les qualifiant de « mascarade ».

Le FPI exigeait une réforme de la commission électorale ainsi qu’une amnistie pour les crimes commis durant la crise de 2010-2011 et la libération de ses leaders emprisonnés, à commencer par son leader, détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne de crimes contre l’humanité.

Le parti a toutefois dû annoncer la suspension de 15 de ses membres, dont plusieurs maires sortants, qui ont participé à la campagne en dépit de ses consignes. En l’absence du FPI, la bataille électorale a surtout crispé les relations entre les alliés au pouvoir, le RDR et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ex-chef d’Etat Henri Konan Bédié, qui concourent la plupart du temps en rangs dispersés à ces locales.

>> Lire aussi : "Côte d’Ivoire : les grandes batailles des élections municipales et régionales"

Retards

A Abidjan, dans un bureau de vote du quartier populaire de Koumassi (sud), les électeurs ont commencé à voter plus d’une demi-heure après l’ouverture officielle à 7 heures( heures locales), en raison de retards dans l’installation du matériel électoral. Plusieurs dizaines de personnes attendaient leur tour.

Dans une école primaire du quartier d’Abobo, dans la partie nord de la capitale, le vote a démarré avec près d’une heure de retard, comme dans certains secteurs de Bouaké, la grande ville du centre du pays, où Robert Kouladé, chef communautaire d’une quarantaine d’années, a indiqué à l’AFP être venu accomplir son « devoir de citoyen » en espérant que « les Ivoiriens tirent les leçons du passé pour éviter tout dérapage afin qu’on puisse emprunter la voie de la démocratie vraie ».

Les craintes de troubles concernent notamment Abidjan et l’Ouest, région la plus instable et de nouveau en proie en mars à des attaques meurtrières d’hommes armés.

Selon une source onusienne, la mission des Nations unies dans le pays (Onuci) s’est aussi inquiétée du fait que certains hauts cadres de l’armée ivoirienne aient "soutenu de façon flagrante des candidats du RDR" ces derniers jours.

Ces élections sont les dernières avant la présidentielle de 2015 à laquelle, sauf surprise, Alassane Ouattara devrait se représenter. Le chef de l’Etat se flatte d’avoir en deux ans replacé la Côte d’Ivoire sur la scène internationale après une décennie de tourmente, fait largement progresser la sécurité et redémarrer l’économie.

Mais la pauvreté tarde à reculer, l’ampleur de la corruption est régulièrement dénoncée et le régime est accusé de privilégier une "justice des vainqueurs", aucune figure du camp Ouattara n’ayant été inquiétée pour les graves crimes commis durant la dernière crise.

La commission électorale estime pouvoir annoncer les résultats complets du double scrutin d’ici le milieu de la semaine prochaine.

(Avec AFP)