Politique

Sénégal : les prisonniers de l’alternance

La traque aux biens mal acquis lancée par le régime de Macky Sall au Sénégal a fait de nombreuses victimes, dont Karim Wade, le fils de l’ancien président, et plusieurs de ses complices présumés. Portraits de ces prévenus peu ordinaires.

Mis à jour le 7 mai 2013 à 09:51

Karim Wade, le jour de son incarcération à Rebeuss, le 17 avril 2013. © AFP

Depuis son élection à la tête du Sénégal en mars 2012, Macky Sall a fait de la traque aux biens mal acquis sa priorité, répondant à une forte demande de la population mais provoquant l’ire de la nouvelle opposition, qui crie à « l’acharnement » et à « l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques ».

Les dernières années du régime d’Abdoulaye Wade, élu en 2000 et réélu en 2007, avaient été marquées par une série de scandales politico-financiers et de révélations dans la presse qui n’avaient quasiment jamais abouti devant les tribunaux. Après l’alternance, plusieurs audits menés ces dernières années, que l’ancien pouvoir avait pris grand soin de laisser au fond des tiroirs, ont été transmis à la justice.

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La Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), qui avait vu le jour en 1981 mais qui était en sommeil depuis trois décennies, a en outre été réactivée. Les résultats ne se sont pas fait attendre.

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En quelques mois, la sordide prison de Rebeuss, située en bord de mer sur la corniche ouest de Dakar, à deux pas du Palais de Justice, a accueilli plusieurs figures de l’ancien régime, parmi lesquelles Karim Wade, le fils de l’ancien président incarcéré le 17 avril dernier. Revue de détail.