Politique

La communauté internationale au chevet de la Somalie

La conférence internationale sur la Somalie qui se tient à Londres, mardi 7 mai, réunit pays donateurs et organisations internationales. Objectif : trouver une réponse à la double crise politique et humanitaire que traverse le pays.

Par - Manon Bails
Mis à jour le 7 mai 2013 à 09:31

Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud avec David cameron, en février 2013. © AFP

Le premier ministre britannique David Cameron et le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud co-président, mardi 7 mai à Londres, une conférence internationale sur la Somalie. Réunissant pays donateurs et organisations internationales, celle-ci a pour vocation d’aider à la sortie de crise, et d’anticiper la reconstruction de la Somalie. Un chantier titanesque.

À deux décennies de conflits politiques s’ajoute une crise alimentaire sans précédent. Le rapport, publié jeudi 2 mai par la FAO et le réseau d’alerte pour la famine (FEWS), témoigne d’une situation critique : d’octobre 2010 à avril 2012, la crise humanitaire dans le sud et le centre de la Somalie aurait tué 258 000 personnes – soit 4.6% de la population totale – dont 133 000 enfants de moins de cinq ans. Ainsi, dans la région du Bas-Shabelle, 2 enfants sur 10 n’atteignent pas l’âge de cinq ans, selon l’étude.

Sécheresse chronique

En cause : la sécheresse chronique de ces dernières années. Taux d’inflation record, faillite du système de production et faiblesse de l’État ont renforcé les pénuries. Et pour ne rien arranger, la débâcle gouvernementale dans les zones contrôlées par les militants Al-Shabab a perturbé l’accès à l’aide humanitaire et accentué la précarité des populations civiles.

Le taux de mortalité associé à la crise alimentaire somalienne n’avait jamais été calculé auparavant. L’étude de la FAO s’appuie cependant sur des données imprécises et les chiffres publiés restent des estimations. La ministre somalienne de la Santé s’est retenue pour l’instant de tout commentaire.

Double combat

À la vue du rapport, Sikander Khan, représentant de la Somalie à l’Unicef, a cependant dénoncé la réponse tardive des agences internationales. À la fin de 2010 s’observaient déjà les premiers signes de la famine. Mais ce n’est qu’en juin 2011, à la suite de la parution de reportages chocs, que les Nations unies ont décrété l’état d’urgence.

Trop tard ? « À cet instant, des vies étaient déjà perdues », a répondu M.Khan. Les membres de la conférence se lancent donc dans un double combat simultané. Une réponse au problème politique de la Somalie est indispensable pour tenter de régler une des pires crises humanitaires que l’Afrique a connues depuis plusieurs décennies.