Politique

Cameroun : bataille pour la présidence du Sénat, siège du successeur constitutionnel de Paul Biya

Paul Biya est au pouvoir depuis 1982. © AFP

Le 8 mai, le chef de l’État camerounais, Paul Biya, a nommé 30 sénateurs pour compléter la liste des 70 qui ont été élus lors du scrutin du 14 avril dernier. Place désormais aux tractations en vue de la désignation du président du Sénat, successeur constitutionnel du président de la République en cas de vacance du pouvoir.

« Durant ses trente ans de pouvoir, Paul Biya a été un chef de clan, un chef de faction au Cameroun ». C’est en ces termes peu amènes que Jean Robert Wafo, ministre de l’Information du Shadow Cabinet du Social Democratic Front (SDF, opposition), a accueilli la désignation de 30 sénateurs par décret présidentiel, le 8 mai.

De fait, Paul Biya a ignoré toutes les propositions qui lui ont été faites, y compris celles d’une liste signée des mains du leader du SDF, Ni John Fru Ndi, qui avait pourtant été consulté. Son choix s’est porté sur de vieux briscards de la politique ainsi que sur des chefs traditionnels. Avec comme principal enjeu, lors de la session qui s’ouvre le 14 mai prochain, le choix du président du Sénat.

Ancien Premier ministre et Grand chancelier des ordres nationaux, Peter Mafany Musongue, a toutes les faveurs des pronostics. Cet anglophone du Sud-Ouest fait face à un autre poids lourd : Simon Achidi Achu, lui aussi ancien Premier ministre, mais originaire du Nord-Ouest, fief du SDF.

Longue liste de prétendants

« Mafany Musongue est bien parti pour être président du Sénat. Paul Biya ne peut laisser la tête des deux chambres parlementaires aux francophones. Et il y a un nordiste à la présidence de l’Assemblée nationale. Étant donné que l’actuel Premier ministre, Philémon Yang, est du Nord-Ouest, Achidi Achu n’a aucune chance », tranche cependant le politologue Aboya Manasse Endong.

Selon lui, la liste des potentiels présidents est longue. « Pour varier et contenter l’Ouest, le président peut aussi faire passer Ibrahim Bombo Njoya [ministre de l’Administration territoriale et Sultan des Bamoun, une puissante ethnie de l’Ouest, NDLR]. Beaucoup de gens en parlent mais je suis sceptique », dit Aboya. Le Sultan se livre à une rude bataille politique avec Adamou Ndam Njoya, le président de l’Union démocratique du Cameroun (UDC). Mais l’ex Premier ministre Niat Njifenji est également en course. Faute de gagner la présidence, il pourrait se contenter de seconder l’heureux élu.

Enfin, le lamido de Rey-Bouba (Nord), Abdoulaye Aboubakary, réputé proche de Paul Biya, pourrait lui aussi être porté à la tête du Sénat, histoire pour le chef de l’État de couper l’herbe sous le pied de Marafa Hamidou Yaya. Malgré sa condamnation à 25 ans de prison et son incarcération à la prison centrale de Yaoundé, l’ex-ministre de l’Administration du territoire, est très populaire au Nord et, aujourd’hui farouche opposant au régime de Biya, il lance des appels incessants au soulèvement contre celui-ci…

 

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