Politique

Tchad : deux députés inculpés dans l’affaire du complot présumé contre Idriss Déby Itno

Deux députés tchadiens ont été inculpés, le 9 mai, pour « complicité » dans le cadre d’une enquête judiciaire sur l’ »action de déstabilisation contre les institutions de la République », que le pouvoir d’Idriss Deby a annoncé avoir déjoué quelques jours plus tôt.

Mis à jour le 10 mai 2013 à 10:14

Des militaires de la garde présidentielle à N’Djamena, le 1er mai 2006. © AFP

N’Djamena poursuit ses investigations sur les commanditaires de la tentative présumée de « déstabilisation » du début de mois de mai. « Gali Ngoté Gata, député de l’opposition, et Routouang Yoma Galom, député du parti au pouvoir, ont été [ainsi] inculpés pour complicité avec les conspirateurs », a indiqué à l’AFP, le 9 mai, une source judiciaire sous couvert d’anonymat.

Des documents liant les deux suspects aux « conspirateurs » ont été « découverts », a ajouté la même source, précisant que ceux-ci seront « déférés devant le juge d’instruction pour un deuxième interrogatoire ».

En revanche, le général David Beadmadji Gomine, directeur de la justice militaire, placé en garde à vue cette semaine, a été libéré « pour raisons de santé (…) mais demeure inculpé ».

"Chasse aux sorcières" ?

Une autre personnalité politique à être inquiétée, c’est l’opposant Ngarlejy Yorongar, trois fois candidat malheureux à la présidentielle tchadienne. Déjà arrêté en 2008 dans des conditions encore mal élucidées, l’élu d’opposition a été entendu, le 8 mai, dans l’affaire du complot présumé contre le pouvoir d’Idriss Déby.

La police s’était rendue également deux jours plus tôt au domicile du député et chef de file de l’opposition, Saleh Kebzabo, alors que ce dernier se trouvait en déplacement en Afrique du Sud. La veille, le secrétaire général de l’Union des journalistes tchadiens (UJT), Eric Topona, ancien journaliste de la radio nationale, a été écroué. Il est accusé d’atteinte à l’ordre constitutionnel.

Mais tout cela ne constitue nullement une quelconque « chasse aux sorcières » contre l’opposition, martèlent les autorités du président tchadien Idriss Déby Itno.

(Avec AFP)