Société

Nigeria : la police découvre une nouvelle « usine à bébés »

Mis à jour le 15 mai 2013 à 18:55

La police nigériane a déclaré, le 15 mai, avoir découvert six adolescentes enceintes retenues dans une maison à Enugu, dans l’est du pays. Trois personnes suspectées de vouloir vendre les futurs bébés ont été arrêtées. La découverte intervient moins d’une semaine après celle d’une autre « usine à bébés » démantelée dans la région voisine.

Bébés à vendre. C’est la spécialité d’un réseau mafieux au Nigeria. La police a affirmé, le 15 mai, avoir découvert six adolescentes enceintes séquestrées dans une maison d’Enugu, dans le sud-est du pays.

« Informés des services de renseignement, nous avons effectué une descente sur le lieu et nous avons trouvé six filles âgées de moins de 17 ans que nous avons libérées » lundi, a déclaré à l’AFP Ebere Amaraizu, le porte-parole de la police dans la région.

Deux hommes et une femme suspectés d’être responsables du trafic d’enfants ont été arrêtés au cours de cette opération, a-t-il précisé, et ils coopèrent désormais avec la police. Selon Amaraizu, les jeunes filles ont été « attirées dans la maison par la promesse de recevoir de l’argent » après leur accouchement. « L’enquête permettra d’obtenir des détails. Nous devons savoir comment elles sont devenues enceintes et d’où elles viennent », a-t-il ajouté.

"Usines à bébés"

Cette découverte intervient cinq jours après la libération de 17 adolescentes enceintes et 11 enfants en bas âge retenus dans une maison d’Umaka, dans l’État voisin d’Imo. Les jeunes filles, âgées de 14 à 17 ans, ont raconté à la police qu’elles avaient toutes été mises enceintes par un jeune homme de 23 ans, actuellement en prison.

Dans un rapport sur le trafic d’êtres humains publié en avril 2012, l’Union Européenne a classé le Nigeria comme le pays où ce fléau est le plus répandu. Ce rapport indique que la vente d’enfants y est courante et que la police a déjà découvert ce que l’on peut appeler des "usines à bébés".

En mai 2011, dans l’Etat d’Abia (sud-est), la police avait libéré 32 jeunes filles enceintes. Elles avaient indiqué qu’on leur avait offert entre 2 000 et 30 000 naira (191 dollars), selon le sexe de leur bébé. Un autre groupe de 17 jeunes filles a été découvert en octobre 2011 dans l’État d’Anambra (sud) dans des circonstances semblables.

L’Unesco a classé le trafic d’êtres humains en troisième place des crimes les plus fréquents commis au Nigeria, après la corruption et le trafic de drogue.

(Avec AFP)