Politique

Mali : Tiébilé Dramé rencontre Blaise Compaoré à Ouagadougou

Tiébilé Dramé, l’émissaire malien pour le Nord, a rencontré lundi 20 mai à Ouagadougou le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur régional dans la crise malienne. La médiation burkinabè compte engager dans les « prochains jours » des discussions avec les groupes armés qui occupent la ville de Kidal (Nord-Est).

Mis à jour le 21 mai 2013 à 16:42

Récemment nommé conseiller spécial pour le nord du Mali, l’ancien ministre malien Tiébilé Dramé a été reçu lundi par Blaise Compaoré, médiateur de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour la crise malienne. Le chef de la diplomatie burkinabè, Djibrill Bassolé, était également présent.

L’émissaire du président malien de transition Dioncounda Traoré n’a pas fait de déclaration à la sortie de l’entretien. Djibrill Bassolé s’est en revanche exprimé. « L’urgence pour eux (les responsables maliens, NDLR) et pour la médiation, c’est la libération de Kidal. Après l’élection, un gouvernement légitime pourra mieux examiner les revendications des groupes rebelles du nord du Mali », a-t-il déclaré après l’entretien.

Kidal, ville du nord-est du Mali, est actuellement occupée par deux groupes armés touaregs : le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), dissident des islamistes armés d’Ansar Eddine. Ils refusent l’entrée de l’armée et de l’État malien dans la ville, hypothéquant la tenue de l’élection présidentielle prévue dans le pays en juillet.

Négociations dans "les prochains jours"

Selon Djibrill Bassolé, la médiation burkinabè souhaite ouvrir dans les « prochains jours » des négociations avec le MNLA, le MIA et aussi avec le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), un autre groupe armé. « La question n’est pas simple mais il y a déjà des acquis », a-t-il affirmé, rappelant qu’une déclaration solennelle avait été faite en décembre 2012 à Ouagadougou par les « groupes armés non terroristes » garantissant le « principe de respecter l’intégrité du territoire malien, le principe de laïcité, de rejet du terrorisme et le principe d’accepter le redéploiement de l’administration d’État sur toute l’étendue du territoire ». « Aujourd’hui plus que jamais, ces principes sont d’actualité », a-t-il jugé.

Pour permettre la tenue d’élections, « il faut naturellement que le territoire soit réunifié, que les groupes armés maliens qui tiennent encore quelques positions acceptent de désarmer et acceptent de rentrer dans un processus de normalisation », a ajouté le ministre burkinabè.

Élection présidentielle

La mission de Tiébilé Dramé est « d’établir les contacts avec tous les groupes armés en vue de créer un environnement sain pour permettre la tenue de l’élection présidentielle sur toute l’étendue du territoire national », a-t-on précisé de source officielle malienne. Son déplacement au Burkina Faso est le premier voyage à l’étranger effectué par cet émissaire dans le cadre de sa mission.

Une élection présidentielle, réclamée par la communauté internationale, est prévue au Mali en juillet. Le président Dioncounda Traoré a assuré la semaine dernière qu’il « ferait tout » pour qu’elle débute le 28 juillet. La principale difficulté sera d’organiser le scrutin dans le nord du pays, en raison de la situation à Kidal et des attaques sporadiques menées par les jihadistes encore présents dans la région.

(Avec AFP)