Politique

Tunisie : Ansar al-Charia appelle ses partisans à manifester vendredi

Ansar al-Charia a appelé à manifester vendredi 24 mai à Kairouan pour protester contre l’interpellation, dimanche dernier, de son porte-parole Seifeddine Raïs. Les autorités tunisiennes ont refusé de commenter cette arrestation. 

Mis à jour le 21 mai 2013 à 16:26

Trois jours après les violences meurtrières liées à l’interdiction de son congrès, Ansar al-Charia ne désarme pas face au gouvernement tunisien. Mardi, le groupe salafiste jihadiste a appelé ses partisans à manifester vendredi prochain devant le local d’Ennahdha à Kairouan.

« Appel à tous les musulmans à un rassemblement de protestation et de soutien au porte-parole d’Ansar al-Chariaa Seifeddine Raïs, devant le siège d’Ennahda "parti islamiste au pouvoir" près de Bab Jalladine » à Kairouan, a annoncé le groupe sur sa page Facebook.

Le ministère de l’Intérieur a pour sa part refusé de préciser les raisons de l’arrestation de Seiffedine Raïs. « La loi sera appliquée lorsque une personne ne respecte pas la loi », s’est contenté de déclarer le porte-parole du ministère Mohamed Ali Aroui, interrogé sur les raisons de cette arrestation. Un autre représentant de ce ministère, Lotfi Hidouri, a pour sa part déclaré ne « pas avoir d’informations » sur les faits reprochés à Seiffedine Raïs.

Le ministère de la Justice a aussi refusé de commenter cette arrestation. Seiffedine Raïs a été interpellé alors qu’il faisait un footing dimanche à l’aube à Kairouan, jour où son groupe comptait tenir un rassemblement interdit par les autorités.

274 personnes arrêtées

En réaction à cette interdiction, les partisans de l’organisation ont tenu leur rassemblement à la cité Ettadhamen, un de leur bastion près de Tunis. Des affrontements avec la police y ont fait un mort et 18 blessés, dont 15 policiers. Par ailleurs, 274 personnes ont été arrêtées.

Après avoir longtemps toléré cette mouvance, les autorités ont récemment multiplié les opérations contre les salafistes jihadistes. Depuis le début du mois de mai, les forces de sécurité traquent notamment des groupes armés liés à Al-Qaïda à la frontière avec l’Algérie.

Ansar al-Charia a été créé après la révolution de 2011 par Abou Iyadh, un vétéran d’Al-Qaïda en Afghanistan. Les autorités l’accusent de plusieurs attaques en Tunisie, dont celle de l’ambassade des États-Unis en septembre dernier. Ce mouvement estime pour sa part être la victime de poursuites injustifiées.

(Avec AFP)