Politique

Dlamini-Zuma place le sommet des 50 ans de l’UA sous le signe du « panafricanisme »

LA présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma.

LA présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma. © AFP

Devant les ministres des Affaires étrangères présents à Addis-Abeba, la présidente de l’Union africaine (UA) a ouvert, mercredi 22 mai, les travaux préparatoires au sommet des chefs d’État qui se tiendra les 26 et 27 mai. Alors que l’organisation fête son cinquantième anniversaire le 25 mai, Nkosazana Dlamini-Zuma s’est montrée résolument optimiste quant au développement économique du continent.

L’Union africaine (UA) s’apprête a fêter ses cinquante ans à Addis-Abeba – une célébration en grande pompe et en présence d’invités de marque, dont le président français, François Hollande, son homologue brésilienne, Dilma Roussef, et le secrétaire d’État américain, John Kerry, tous attendus le 25 mai à Addis-Abeba.

En attendant, la présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, a ouvert les travaux préparatoires au sommet de l’UA, ce 22 mai, avec un discours plein d’optimisme, placé sous le signe de la « renaissance » et du « panafricanisme », cette « étoile » qui doit « guider l’action de l’UA ». « En 1963, les pères fondateurs ont ouvert la voie à l’indépendance politique. En 2013, nous voyons l’Afrique prendre le chemin de la paix et de la prospérité ». « Parmi les dix pays qui ont la plus forte croissance économique au monde, une majorité sont africains, a-t-elle poursuivi devant les ministres des Affaires étrangères présents dans la capitale éthiopienne. Entre 2001 et 2010, le PIB du continent a même cru de 4.4 % par an, rejoignant celui de l’Asie ».

Nkosazana Dlamini-Zuma n’a en revanche rien dit des crises qui ont secoué l’Afrique ces derniers mois. Il faut dire qu’un consensus relatif a été trouvé sur plusieurs dossiers brulants. Concernant le Mali, et même s’il reste des incertitudes et plusieurs points de détail à régler, il est acquis que la Mission intégrée des Nations unies de stabilisation du Mali (Minusma) prendra le relais, en juillet, de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), pilotée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

>> À lire sur le même sujet : "L’ONU crée la Minusma, qui comptera 12 600 Casques bleus"

Concernant la RDC, une force panafricaine de 3 000 hommes, qui sera placée sous l’égide de l’ONU, est en voie de constitution pour mettre un terme aux rebellions qui ensanglantent l’est du pays. Sur ce dossier non plus, aucune décision majeure n’est attendue à Addis-Abeba.

À noter que, suspendus de l’organisation panafricaine, ni la Centrafrique ni Madagascar ne seront représentés. Le 17 mai, le Conseil Paix et Sécurité (CPS) a exprimé « sa profonde préoccupation « face à la décision de Lalao Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Andry Rajoelina d’être candidats à l’élection présidentielle de juillet. « Cette décision viole le droit interne de Madagascar », selon l’UA. En coulisses, à Addis-Abeba, le CPS condamne avec la même fermeté l’incapacité de la Séléka, la coalition de groupes rebelles qui a pris le pouvoir fin mars à Bangui, à ramener le calme en Centrafrique.

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Georges Dougueli et Anne Kappes-Grangé, envoyés spéciaux à Addis-Abeba

Le Sahara occidental, à l’ordre du jour ?

Premier jour et premier couac à Addis-Abeba. Les ministres des Affaires étrangères réunis à huis clos se sont affrontés, ce 22 mai, sur l’opportunité de modifier l’ordre du jour au sujet du Sahara occidental et sur un éventuel referendum d’auto-détermination. « L’Afrique du Sud y est très favorable, raconte un participant. Nous avons passé plus de deux heures à en parler. Sur ce dossier, Pretoria a le soutien d’Alger bien sûr, mais aussi de la Libye, de l’Égypte, de toute l’Afrique australe et même de la plupart des pays anglophones d’Afrique de l’Ouest. »

Des pays francophones, pour l’essentiel – qui soulignent que le dossier est devant le Conseil de sécurité de l’ONU et qu’il ne serait pas bon d’ouvrir plusieurs fronts – ont souhaité le faire retirer de l’ordre du jour. Mais alors que l’Union africaine fête ses cinquante ans, le discours de Nkosazana Dlamini-Zuma, qui n’a de cesse de répéter qu’il « faut trouver une solution africaine aux problèmes africains », a trouvé un certain écho. Toutefois, rien ne dit que, bien que le dossier sahraoui a été maintenu à l’odre du jour, l’UA en débattera. Encore moins qu’elle se prononcera en faveur d’un référendum.

>> À lire : le tract anti-Dlamini-Zuma qui fait jaser l’UA

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