Politique

RDC : dans la zone de Goma, les déplacés pris entre deux feux

Les déplacés sont obligés de fuir leurs camps en raison des combats dans l'est de la RDC. © AFP

Depuis le 20 mai, la reprise des affrontements au Nord-Kivu entre les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) et l’armée congolaise (FARDC) a déjà entraîné la fuite de 30 000 déplacés. Les camps de Mugunga, Lac Vert, Buhimba ou à Bulongo, situés à proximité de lieux des combats, se sont vidés de leurs habitants, qui sont allés s’abriter dans les villes de Goma et Sake.

« La situation est inadmissible, rapporte Thierry Goffeau, le chef de mission de Médecins sans frontières (MSF) au Nord-Kivu. Le camp de Mugunga, ainsi que les camps de Lac Vert et Buhimba, situés sur la route entre Goma et Sake, sont pris en étau entre les échanges de tirs d’obus, depuis deux jours. »

Des tirs nourris de l’artillerie lourde se faisaient encore entendre, le 22 mai, à proximité des camps des déplacés, obligeant ainsi un grand nombre d’entre eux à fuir vers Sake, plus au nord, et Goma, la capitale du Nord-Kivu, protégée par les Casques bleus de la Monusco. « Le camp de déplacés de Mugunga I, qui compte 55 000 déplacés, s’est vidé à 45 % », a déclaré à l’AFP Simplice Kpandji, chargé de communication au bureau régional du HCR à Kinshasa. Dans le même temps, « à Mugunga III qui compte près de 17 000 hommes, plus de la moitié ont déjà quitté le lieu », a constaté, de son côté, Thierry Goffeau. Même le quartier Ndosho situé à l’entrée ouest de la ville de Goma a été touché, le 22 mai, par des obus. Bilan provisoire : « deux morts et une dizaine des blessés », selon le MSF, qui indique aussi que 6 obus sont tombés dans la zone des camps de déplacés de Mugunga, mardi, faisant 4 blessés.

Kinshasa accuse le M23 de viser les cibles civiles, mais le mouvement rebelle soutient que l’armée congolaise tente d’utiliser la population comme boucliers humains. « Nous voudrions demander à la population de s’éloigner des FARDC pour éviter des pertes humaines », a déclaré le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23.

Ce regain de violences coïncide avec la tournée régionale du secrétaire général de l’ONU. Après l’étape de Kinshasa où il s’est entretenu notamment avec le président congolais, Joseph Kabila, Ban Ki-moon doit se rendre, le 23 mai, à Kigali. Une escale est prévue à Goma le matin pour rencontrer les autorités locales et évaluer l’évolution du déploiement de la brigade d’intervention.

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Par Trésor Kibangula

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