Politique

RDC : selon Ban Ki-moon, la brigade d’intervention de l’ONU sera sur pied dans « un à deux mois »

La brigade d’intervention de l’ONU chargée de combattre les groupes armés dans l’est de la RDC sera prête d’ici « un à deux mois », a annoncé, le 23 mai, à Goma, le secrétaire général, Ban Ki-moon, avant de se rendre au Rwanda voisin. De son côté, Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale, a promis une enveloppe de 1 milliard de dollars pour les pays de la région des Grands lacs.

Mis à jour le 23 mai 2013 à 20:38

Le déploiement de la brigade d’intervention sera effectif « d’ici un à deux mois » dans l’est de la RDC. L’annonce a été faite, le 23 mai, par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors de son escale à Goma, capitale de la province congolaise instable du Nord-Kivu. Les premiers éléments de cette force, qui proviendront essentiellement de la Tanzanie, du Malawi et de l’Afrique du Sud, ont commencé à arriver sur le terrain depuis le 13 mai.

Avec la reprise des combats, le 20 mai, entre les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) et l’armée congolaise, Ban Ki-moon a souhaité que le processus du déploiement de la brigade d’intervention s’accélère pour que ses 3 000 hommes soient « pleinement à pied d’œuvre le plus tôt possible ».

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"Non à Kampala"

À Goma, le secrétaire général de l’ONU a également visité l’hôpital Heal Africa, qui prend notamment en charge les victimes de violences sexuelles. Sur place, Ban Ki-moon s’est retrouvée face à une petite manifestation de femmes qui voulaient lui faire passer quelques messages. Sur leurs pancartes, on pouvait lire : « Non à Kampala », « Refusons toutes négociations » et « Négociations jusqu’à quand ? » – des références aux pourparlers difficiles dans la capitale ougandaise entre gouvernement congolais et le M23.

Pour Joanna Trevor, « la brigade d’intervention pourra apporter une certaine sécurité, mais elle seule ne va pas résoudre les causes réelles de la violence en RDC ». Dans un communiqué publié le 23 mai, la directrice associée en RDC de la confédération d’organisations Oxfam explique qu’il faut aussi investir dans des forces de sécurité « fortes et fiables », un pouvoir « au service du peuple » et un système judiciaire obligeant ceux qui violent les droits de l’Homme à en rendre compte.

Accord-cadre

Après l’étape de Goma, Ban Ki-moon s’est rendu à Kigali pour discuter avec les autorités rwandaises de la mise en œuvre de l’accord-cadre d’Addis-Abeba. Il est accompagné de Mary Robinson, envoyée spéciale de l’ONU dans les Grands-Lacs, d’Hervé Ladsous, chargé des opérations de maintien de la paix à l’ONU, et du président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim qui a annoncé, le 22 mai à Kinshasa, une aide d’un milliard de dollars pour les pays des Grands-Lacs, dont la RDC, destinée à des projets liés à l’énergie, l’agriculture, le commerce transfrontalier, la santé et l’emploi.

À Kigali, le secrétaire général de l’ONU a notamment visité un village accueillant une trentaine d’anciens combattants, blessés de guerre, et leurs familles, issus de divers camps s’étant affrontés au Rwanda : ex-Forces armées rwandaise (FAR) du régime hutu d’avant 1994, Front patriotique rwandais (FPR), l’ex-rébellion de Paul Kagamé l’ayant renversé, et Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR), groupe armé hostile au régime Kagamé toujours actif dans l’est de la RDC.

(Avec AFP)