Politique

Tamarod : l’Égypte qui dit non à Morsi

Un passant signe le formulaire de Tamarod. © Tony Gamal Gabriel

Sur une avenue commerçante du centre-ville du Caire, non loin de la place Tahrir, des jeunes militants demandent aux passants de remplir un formulaire. Il s’agit des volontaires de "Tamarod" (rébellion), une campagne lancée fin avril en Égypte dont l’objectif est de récolter près de quinze millions de signatures pour réclamer le départ du président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans.

« Nous avons vu qu’il n’y avait pas de différences entre Mohamed Morsi et Hosni Moubarak », explique Mai Wahba, membre du comité central de Tamarod et responsable de la communication du mouvement. « Morsi a été élu avec près de 13,5 millions de voix, nous voulons collecter un nombre plus élevé de signatures », ajoute-t-elle, précisant que son mouvement allait engager une procédure judiciaire afin de réclamer l’organisation d’élections présidentielles anticipées en Égypte.

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"Manifestation du million"

Tamarod, qui prévoit une « manifestation du million » à l’occasion du premier anniversaire de l’élection de Mohamed Morsi, le 30 juin, affirme avoir déjà récolté plus de trois millions de signatures grâce à quelque 5 000 volontaires présents dans 22 des 27 gouvernorats du pays. « Les gens sont très réactifs, nous sommes très souvent en pénurie de formulaires», assure Joe, le coordinateur de Tamarod en charge de la place Tahrir et de ses environs.

Se voulant indépendant de tout mouvement politique, Tamarod a cependant reçu le soutien de plusieurs formations, notamment le parti El-Doustour de Mohamed El-Baradei, leader de l’opposition et ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Et dans le camp islamiste, l’initiative ne laisse pas indifférent. À plusieurs reprises, des volontaires de Tamarod ont été violemment pris à parti par des civils.

Une contre-campagne a également été lancée sous le nom de « Tagarod », (impartialité), pour inviter les partisans du chef de l’État à signer une pétition en sa faveur. Le 20 mai enfin, une plainte a été déposée contre quatre des fondateurs de Tamarod pour « incitation au renversement du régime » et « insulte au président. »

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