Politique

Tunisie : deux militaires tués dans une explosion au Jebel Chaambi

Des véhicules de l'armée tunisienne à Kasserine, dans la région du Mont Chaambi, le 7 mai 2013. © AFP

Deux militaires tunisiens ont été tués et deux autres blessés jeudi 6 juin par l'explosion d'un engin au passage de leur véhicule au Jebel Chaambi. C'est la première fois que des soldats sont mortellement touchés par une bombe artisanale depuis le début de la traque du groupe terroriste réfugié dans cette zone montagneuse frontalière de l'Algérie.

Les mines et autres engins explosifs utilisés par le groupe terroriste réfugié dans le Jebel Chaambi, à quelques kilomètres de la frontière algérienne, continuent de faire des ravages dans les rangs de l’armée tunisienne. Jeudi matin, « vers 07h45 (06h45 GMT), deux militaires ont été tués et deux autres blessés lors de l’explosion d’un engin au passage de leur véhicule dans la localité de Doghra au Mont Chaambi », a indiqué le porte-parole de l’armée, Mokhtar Ben Nasr.

Selon une source sécuritaire à Kasserine, le chef-lieu régional, l’un des deux blessés pourrait être amputé d’une jambe. Depuis la fin avril, une vingtaine de militaires et gendarmes ont été blessés par des mines artisanales cachées dans la région par un groupe armé, qui, selon les autorités, est lié à Al-Qaïda. Ce même groupe est aussi responsable d’une attaque qui avait tué un gendarme en décembre.

45 terroristes arrêtés

L’armée a redoublé d’efforts pour ratisser cette région après les explosions des premières mines, usant notamment de tirs de mortier pour tenter de déminer le Jebel Chaambi. Lundi, un militaire a toutefois été tué par erreur par les siens sur cette montagne.

D’après le bilan officiel, aucun membre du groupe jihadiste, qui compte des Algériens, des Libyens et des Tunisiens, certains étant des vétérans de la rébellion islamiste au Mali, n’a été tué ou blessé jusqu’à présent.

La semaine dernière, le ministère de l’Intérieur a cependant annoncé que 45 « terroristes » liés à cette cellule avaient été arrêtés depuis décembre. Selon les autorités tunisiennes, deux groupes armés totalisant une trentaine d’hommes sont recherchés à la frontière algérienne, l’un dans le district de Chaambi, l’autre plus au nord, près du Kef et de Jendouba.

Ces deux groupes appartiennent à une cellule appelée « Les milices d’Okba ibn Nafaa », du nom du conquérant musulman ayant islamisé la Tunisie au VIIe siècle. D’après les autorités, elle préparait des attaques contre les forces de l’ordre et l’armée. Le mont Chaambi abritait leur camp d’entraînement, qui a été démantelé en décembre. Sur place, des tentes, des vivres, des moyens de communications et des munitions ont été retrouvés.

Ansar al-Charia

Depuis la révolution, la Tunisie est confrontée à un essor de groupuscules islamistes violents, notamment responsables d’une attaque contre l’ambassade américaine en septembre et de l’assassinat de l’opposant de gauche, Chokri Belaïd, en février.

Selon le ministère de l’Intérieur, les combattants du mont Chaambi comptent aussi des membres d’Ansar al-Charia, le principal groupe salafiste jihadiste du pays. Le groupe d’Abou Iyadh assure pourtant n’avoir aucun lien avec les événements de Chaambi.

(Avec AFP)

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