Politique

Guinée : les élections législatives reportées ?

Selon une source à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), il est « techniquement impossible » d’organiser les élections législatives en Guinée le 30 juin.

Mis à jour le 18 juin 2013 à 10:25

Le président guinéen Alpha Condé. © AFP

Les élections législatives en Guinée ne devraient finalement pas avoir lieu le 30 juin. Cette date « n’est plus dans le programme » de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a appris l’AFP, lundi 17 juin, auprès de cette Commission.

« Retenez que nous ne pourrons pas tenir les élections législatives le 30 juin comme l’avait indiqué le chef de l’État » guinéen Alpha Condé, a indiqué une source à la Ceni. « C’est techniquement impossible », a-t-elle précisé.

La date du 30 juin a été « choisie pour des raisons que nous ignorons parce qu’elle n’a pas fait l’objet de débat au sein de notre institution », a indiqué la même source. Un autre responsable de la Ceni a confirmé l’information sur l’impossibilité d’organiser le scrutin à la date prévue.

C’est le président Alpha Condé qui avait pris, le 13 avril, un décret fixant les législatives au 30 juin, un texte qui n’a pas encore été abrogé. Mais le chef de l’État avait ensuite déclaré, le 12 juin, lors d’une visite à Paris, que la Ceni était la seule à pouvoir décider d’un report éventuel. Alpha Condé avait alors indiqué qu’il se conformerait aux décisions de la Ceni et des experts envoyés par l’OIF, l’Union européenne et les Nations unies.

Violences

Le calendrier électoral était particulièrement contesté par l’opposition guinéenne. La date du 30 juin pour le scrutin a été fixée selon elle sans concertation. Elle soupçonne le régime d’Alpha Condé, premier chef d’État démocratiquement élu en Guinée, de vouloir préparer des fraudes, critiquant notamment le recours à l’opérateur sud-africain Way Mark chargé de préparer le fichier électoral, qu’elle accuse de collusion avec le pouvoir. Des violences ont émaillé les manifestations des opposants et au moins 12 personnes ont été tuées et 89 blessées, le 23 mai et les jours suivants.

Les chefs de l’opposition et le Premier ministre guinéen Mohamed Saïd Fofana ont entamé un dialogue le 3 juin à Conakry sous l’égide de l’émissaire de l’ONU Saïd Djinnit.

(Avec AFP)