Politique

Législatives au Togo : l’opposition ne décolère pas malgré la libération de dix de ses militants

Mis à jour le 19 juin 2013 à 16:24

Après la libération, le 18 juin, de dix personnes inculpées dans l’affaire des incendies des marchés de Kara et Lomé, l’opposition togolaise ne change pas de discours. Sa participation aux législatives prévues le 21 juillet n’est toujours pas à l’ordre du jour.

Le tribunal de Lomé a ordonné, le 18 juin, la mise en liberté provisoire de dix opposants impliqués dans l’affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara. Une mesure jugée insatisfaisante par l’opposition qui refuse toujours de participer aux prochaines élections législatives.

« Sur ordre du doyen des juges d’instruction après une réquisition du procureur de la République, dix militants de l’opposition inculpés dans l’affaire des incendies des marchés de Lomé (sud) et de Kara (nord) ont bénéficié mardi soir d’une liberté provisoire, sous contrôle judiciaire », a déclaré à Jeune Afrique, Jil-Benoît Afangbédji, un avocat de la défense.

Au total, 35 personnes, en général des militants de l’opposition, ont été inculpées dans l’affaire, et 25 d’entre elles avaient été placées en détention préventive. « La libération de 10 militants n’est qu’une application partielle des conclusions de nos discussions [entre l’opposition et le gouvernement, le 14 juin, NDLR], estime Jean-Pierre Fabre, leader de l’Alliance nationale pour le changement (ANC). Il y a encore la date butoir [mercredi 19 juin à minuit, NDLR] du dépôt de candidature qui pose problème. Nous souhaitions également voir tous nos militants incarcérés recouvrer la liberté. Et rien n’est fait pour revoir la composition de la Commission nationale électorale indépendante » (Ceni).

Limitation des mandats présidentiels

Le collectif « Sauvons le Togo » (CST) et la coalition « Arc-en-ciel », qui rassemblent des partis d’opposition et des membres de la société civile, ont décidé qu’ils ne présenteraient pas de listes aux élections législatives prévues le 21 juillet, jugeant insatisfaisantes les conditions du scrutin. Le CST a manifesté plusieurs fois ces derniers mois, à Lomé, pour réclamer des réformes avant la tenue du scrutin, demandant en plus de la recomposition de la Ceni, l’adoption d’un nouveau code électoral et la limitation du nombre de mandats présidentiels, non prévue par la Constitution.