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Algérie : un journaliste interdit de quitter le territoire national

Le journaliste Hichem Aboud. © DR

Le journaliste algérien Hichem Aboud paie-t-il ses propos au sujet de la santé de Bouteflika devant les médias étrangers, au mois de mai ? Alors qu’il attend toujours d'être convoqué par un juge, il s’est vu refuser, mercredi 26 juin, l’autorisation de quitter le territoire.

Hichem Aboud, journaliste et directeur de la publication des quotidiens Djaridati et Mon journal, a été interdit de quitter le territoire national mercredi 26 juin alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Tunis pour prendre part à une émission télé. « J’ai été refoulé ce matin de l’aéroport international d’Alger par la police qui m’a signifié que je fais l’objet d’une IST (Interdiction de sortie du territoire), explique Hichem Aboud à Jeune Afrique. Je n’ai pas eu droit à des explications de la part du commissaire de police de l’aéroport. »

Le parquet général près la cour d’Alger avait ordonné le 19 mai 2013 des poursuites judiciaires à l’encontre d’Aboud Hichem pour « atteinte à la sécurité de l’État, à l’unité nationale et à la stabilité et au bon fonctionnement des institutions ».

"Propos tendancieux"

La plainte de la justice faisait « suite aux propos tendancieux tenus sur certaines chaînes d’information étrangères, dont France 24, par le dénommé Aboud Hichem, sur l’état de santé du président de la République selon lesquels il se serait dégradé allant jusqu’à déclarer que le chef de l’État serait dans un état comateux, et compte tenu de l’impact négatif direct de ces rumeurs sur l’opinion publique nationale et internationale », indiquait le communiqué du parquet.

>> À lire sur le même sujet : "Les images de Bouteflika ne rassurent pas la presse algérienne"

Sauf que depuis le dépôt de plainte, le journaliste n’a reçu aucune convocation du juge d’instruction, du procureur de la République ou de la police judiciaire. « J’ai voyagé à trois reprises à l’étranger, au cours des mois de mai et juin, sans être inquiété par la police des frontières, avance encore Hichem Aboud. Je ne m’explique pas d’où vient cette décision.»

« En l’absence d’une notification de la part de ces trois institutions, nous déduisons que l’IST a été prise par la direction générale de la police nationale (GDSN), affirme son avocat Me Khaled Berghal. C’est une mesure conservatoire prévue par loi, mais qui porte atteinte à la libre circulation du journaliste. »

Censure ?

Dans la soirée du samedi 18 mai, Hichem Aboud avait décidé de ne pas envoyer à l’imprimerie d’État ses deux quotidiens dans lesquels il avait publié un dossier sur l’état de santé de Bouteflika. Le journaliste y affirmait qu’Abdelaziz Bouteflika serait rentré en Algérie dans un état comateux. Une information qui s’est avérée fausse par la suite.

Alors qu’il avait évoqué une censure de la part des autorités, le ministère de la Communication avait démenti, assurant n’avoir donné aux imprimeurs aucune instruction visant à bloquer le tirage des deux journaux.

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