Politique

Tunisie : libérées, les Femen regrettent leur action seins nus

Pauline Hillier et Marguerite Stern à leur arrivée le 26 juin 2013 au ministère de l'Intérieur. © AFP

Les trois militantes européennes du groupe féministe Femen, en détention en Tunisie depuis près de un mois pour une action seins nus, ont été libérées dans la nuit du mercredi 26 juin. Condamnées en appel à une peine avec sursis, les trois féministes ont fait profil bas devant le juge.

Les trois militantes européennes du groupe féministe Femen, qui avaient mené une action seins nus à Tunis il y a un mois, ont quitté la prison pour femmes de la Manouba dans la nuit de mercredi à jeudi. Elles ont été conduites, à bord d’un fourgon de police, dans un bureau du ministère de l’Intérieur pour d’ultimes formalités avant leur remise en liberté effective et imminente.

D’après l’un de leurs avocats, Me Souhaib Bahri, les trois femmes devaient prendre un avion pour des destinations non précisées en Europe dès jeudi matin. Mercredi, les trois militantes féministes, deux Françaises et une Allemande, ont été condamnées à une peine de quatre mois et un jour avec sursis.

Excuses et regrets

Lors de l’audience en appel mercredi, les jeunes femmes avaient pour la première fois exprimé des regrets pour leur action seins nus, le 29 mai à Tunis, en soutien à Amina Sbouï, une militante tunisienne Femen emprisonnée depuis la mi-mai. « Je regrette cet acte et je m’en excuse », a dit l’Allemande Josephine Markmann au juge Moez Ben Frej, qui lui faisait remarquer en français que « le droit musulman interdit de tels actes ». « On ne pensait pas choquer les Tunisiens à ce point, il est hors de question pour nous de recommencer », a répondu à son tour l’une des deux Françaises, Pauline Hillier.

En première instance, les jeunes femmes avaient été condamnées à quatre mois et un jour de prison ferme, une peine dont la sévérité avait suscité les regrets de la France, l’Allemagne et l’Union européenne. L’action seins nus avait été globalement mal perçue en Tunisie, jusque dans les rangs de l’opposition laïque et des féministes tunisiennes.

Liberté d’expression

Les ONG de défense des droits humains avaient pour leur part estimé que, même si l’action pouvait être jugée choquante, elle relevait de la liberté d’expression et ne devait pas être passible de prison.

Les avocats français des Femen, qui ont pu plaider mercredi à Tunis, se sont réjouis de ce verdict plus clément en appel. « C’est un immense bonheur d’avoir plaidé en Tunisie pour la liberté des Femen et que le message qu’elles portent ait été entendu », ont dit Me Patrick Klugman et Ivan Terel. « Maintenant, nos inquiétudes se dirigent vers Amina que nous n’oublions pas, nous ne la laisserons pas croupir » en prison, ont-ils ajouté.

Actuellement en détention provisoire, Amina Sbouï attend  de savoir si elle sera inculpée pour avoir peint le mot « FEMEN » sur le muret d’un cimetière à Kairouan (150 km au sud de Tunis) pour protester contre un rassemblement de la mouvance salafiste. « On devrait en savoir plus dans les semaines à venir », a indiqué Me Bahri, qui la représente aussi.

(Avec AFP)

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