Politique

Guinée : le pouvoir et l’opposition signent un accord pour les législatives

À Conakry, le pouvoir et l’opposition ont signé, le 3 juillet au soir, un accord qui doit permettre l’organisation fin septembre d’élections législatives attendues depuis plus de deux ans en Guinée.

Mis à jour le 4 juillet 2013 à 10:20

Après plusieurs tractations, le pouvoir d’Alpha Condé et l’opposition guinéenne ont trouvé, le 3 juillet au soir, un compromis pour amener le pays vers des législatives maintes fois reportées. Un accord obtenu grâce à la médiation du facilitateur de l’ONU pour le dialogue inter-guinéen, Saïd Djinnit, lors de difficiles négociations qui avaient été suspendues le 21 juin après des violences commises contre des partisans du chef de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo.

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Le document signé précise que le scrutin devrait avoir lieu « 84 jours après la signature de l’accord » et entérine le choix de l’opérateur technique sud-africain Waymark pour recenser les électeurs, alors qu’il était jusqu’alors contesté par l’opposition qui l’accusait de travailler pour le gouvernement. Mais le texte précise également que Waymark devra présenter son travail à des « experts électoraux » des deux camps avant qu’il ne soit accepté.

Le droit de vote est aussi accordé aux Guinéens de l’étranger pour prendre part à ces législatives, ce que le pouvoir refusait jusqu’alors. L’accord stipule en outre que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), dont l’indépendance a été mise en cause par les opposants, devra « remédier » à ses dysfonctionnements internes avant les élections.

Mettre fin aux violences

De son côté, le gouvernement guinéen est appelé à « [s’engager] à garantir la sécurité et l’intégrité physique des citoyens et des dirigeants politiques », alors que des violences meurtrières ont récemment marqué les manifestations de l’opposition à Conakry.

Les législatives en Guinée auraient dû avoir lieu dans les six mois qui ont suivi l’intronisation du nouveau président Alpha Condé en décembre 2010 après son élection en novembre comme premier chef d’Etat démocratiquement élu de ce pays à l’histoire marquée par les violences politiques, militaires et ethniques. Mais elles ont été reportées à de nombreuses reprises, faute de consensus sur leur organisation.

L’opposition a longtemps accusé le pouvoir « autoritaire » d’Alpha Condé de préparer des fraudes à ce scrutin afin de s’assurer la majorité à l’Assemblée nationale. Elle a organisé depuis le début de l’année de nombreuses manifestations à Conakry pour des législatives « libres et transparentes » ayant presque toutes dégénéré en violences avec les forces de l’ordre qui ont fait une cinquantaine de morts et de très nombreux blessés.

(Avec AFP)