Politique

Qui est vraiment Mandla, le paria de la famille Mandela ?

Avant la polémique sur les tombes des trois enfants de Mandela, qui ont été rapatriées de Mvezo à Qunu, le 4 juillet, Mandla Mandela faisait régulièrement l’objet des critiques de la presse sud-africaine. Qui le dépeint en notable macho, avide et autoritaire. Bref, tout l’opposé de son icône de grand-père.

Mis à jour le 4 juillet 2013 à 17:38

Mandla Mandela, 39 ans, chef de village natal de Nelson Mandela. © AFP

Alors que Nelson Mandela lutte contre la mort à l’hôpital, Mandla, l’aîné de ses petits-fils, a choqué l’Afrique du Sud ces derniers jours. Il a d’abord refusé de rendre les dépouilles de trois enfants du héros national, qu’il avait déplacées en 2011 à Mvezo, son propre village. Quinze membres de la famille ont alors saisi la justice qui leur a donné raison et les corps ont été exhumés et remis en terre, le 4 juillet, à Qunu, là où Nelson Mandela lui-même veut être inhumé, auprès de ses proches.

Ensuite, Mandla Mandela, décidément non satisfait de la décision judiciaire, n’a pas hésité à laver en public son linge sale. Seul contre tous, il s’est lâché, lors d’une conférence de presse surréaliste, le 4 juillet, à Mvezo, critiquant vertement ses parents devenus adversaires.

"Il a fécondé ma propre femme"

"Ndaba sait que mon père a mis enceinte une femme mariée et qu’il en est le résultat."

« Il a fécondé ma propre femme », a-t-il dit de son frère Mbuzo, de dix-sept ans son cadet. Sa femme, la Réunionnaise Anaïs Grimaud, un temps rebaptisée Nkosikazi Nobubele, est depuis repartie sur son île. À l’égard de sa tante Makaziwe, il n’a pas eu non plus des mots tendres : « Au lieu d’être une force d’unité, elle n’a fait que semer la division dans la famille. » Ndaba, son demi-frère, n’a pas été épargné : « Il sait que mon père a mis enceinte une femme mariée et qu’il en est le résultat. »

À ceux qui l’accusent d’avoir voulu s’enrichir grâce au culte de Nelson Mandela, en construisant à Mvezo un complexe touristique comprenant un hôtel, un centre de conférences, un musée… et où il aurait bien vu, aussi, la tombe de son grand-père, Mandla maintient que « c’est le lieu de naissance de [son] grand-père et les gens voudront toujours y venir en visite car il a une forte signification. Il n’y a pas d’autre lieu où il soit né ».

Zwelivelile Mandlesizwe Dalibhunga dit Mandla, 39 ans, est un habitué des coups d’éclat. Avant cette sordide histoire de tombes, le fils de Makgatho, troisième des quatre enfants nés de l’union de Nelson Mandela avec sa première épouse Evelyn, était déjà abonné aux critiques de la presse qui donne de lui une image de notable macho et dominateur, dont les démêlés conjugaux ont régulièrement fait la joie des journaux à scandale. Il a été marié trois fois et divorcé trois fois en sept ans, sur fond d’accusations de bigamie, de non-paiement de pension alimentaire, de rumeurs d’infertilité et d’infidélité…

Diplômé de sciences politiques, il est député de l’ANC – le parti de son grand père – depuis 2009, et siège volontiers à l’Assemblée nationale en costume traditionnel xhosa. Le site du Parlement indique qu’il a voyagé à travers le monde à l’invitation du comité Miss Monde.

Mandla, chef de famille contesté

Aîné des dix-sept petits enfants de Nelson Mandela, Mandla est généralement considéré comme le chef de la famille depuis que son grand-père s’est complètement retiré de la vie publique. Même si des voix se sont récemment élevées pour dire que ce titre symbolique est largement usurpé car il est né hors mariage.

Mandla est également, depuis 2007, le chef traditionnel de Mvezo, le village du Transkei (sud) où est né Nelson Mandela, le 18 juillet 1918. Son attitude concernant l’affaire des dépouilles des enfants de Madiba n’ont pas été révélées à son grand-père, a fait savoir Graça Machel, l’épouse de Mandela. Qui a également assuré que « même si [le héros de la lutte anti-apartheid] n’est toujours pas rétabli, il n’a jamais souffert » à l’hôpital.

(Avec AFP)