Politique

Côte d’Ivoire : le FPI rejette l’appel au « repentir » d’Alassane Ouattara

Le FPI, parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, a rejeté, lundi 15 juillet, l’appel du président Alassane Ouattara au « repentir » pour la crise postélectorale de 2010-2011. Dans un communiqué, il juge que « les vrais criminels » sont du côté du pouvoir.

Mis à jour le 15 juillet 2013 à 19:35

La réponse a pris quelques jours mais elle est cinglante. Dans un communiqué publié lundi, le Front populaire ivoirien (FPI), formation de l’ancien chef de l’État Laurent Gbagbo, « s’insurge » contre les propos d’Alassane Ouattara, qui l’avait exhorté « à se repentir de la crise postélectorale » de 2010-2011.

Le 8 juillet, à l’issue d’une visite dans le nord du pays, son fief électoral, le président ivoirien avait appelé le FPI à « demander pardon aux victimes » de la crise sanglante qui avait fait environ 3 000 morts.

Dans son communiqué, le FPI, qui assure « assumer » ses actes, accuse en retour Alassane Ouattara de n’avoir jamais « demandé pardon » pour avoir « introduit la violence » et « le tribalisme nauséeux » dans la politique en Côte d’Ivoire.

L’ex-parti au pouvoir, qui soutient toujours que Laurent Gbagbo avait gagné la dernière présidentielle, considère l’actuel président comme le père de la rébellion qui a occupé le Nord ivoirien à partir de 2002 et contribué à la chute de son champion en 2011. De son côté, Alassane Ouattara a toujours réfuté cette accusation.

"Justice des vainqueurs"

Le FPI appelle par ailleurs le gouvernement à conduire avec lui des négociations qui ne soient pas « l’otage d’un simple effet d’annonce et d’une communication politique de mauvais aloi », afin de permettre la « réconciliation » nationale.

Le parti de Laurent Gbagbo se dit également « indigné » par le fait que 84 personnalités ou proches du régime déchu – dont l’ex-Première dame Simone Gbagbo – aient été renvoyés par la justice ivoirienne devant une cour d’assises, à une date encore non fixée, pour leur implication présumée dans la crise de 2010-2011. « Les vrais criminels politico-militaires jouissent d’une liberté ostentatoire en Côte d’Ivoire », considère le FPI.

Le pouvoir en place est régulièrement accusé de favoriser une « justice des vainqueurs ». Aucun de ses soutiens n’a pour l’heure été inquiété pour les graves crimes imputés aux forces pro-Ouattara durant la crise. Relancé en début d’année, le dialogue entre le gouvernement et le principal parti d’opposition est actuellement au point mort.

(Avec AFP)