Politique

Égypte : l’UE demande la libération de Morsi et appelle à « un processus de transition ouvert »

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton en visite au Caire a demandé aux nouvelles autorités de libérer le président déchu Mohamed Morsi. Au même moment, de nouvelles attaques ont été signalées, le 18 juillet, dans la péninsule du Sinaï.

Mis à jour le 18 juillet 2013 à 16:38

Impossible de voir Mohamed Morsi, gardé en « lieu sûr ». En visite au Caire, Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne a déploré n’avoir pas pu rencontrer le président égyptien déchu. Elle a profité de ses échanges avec le Premier ministre Hazem al-Beblawi et le chef de l’armée, vice-Premier ministre et ministre de la Défense, le général Abdel Fattah al-Sissi, pour demander la libération de Mohamed Morsi.

« Je pense qu’il devrait être libéré, mais on m’a assuré qu’il allait bien », a-t-elle relevé au sujet du président déchu. « J’aurais aimé le voir », a enchaîné la diplomate européenne.

Transition ouverte

Catherine Ashton a également insisté sur la volonté de l’UE de « voir l’Égypte aller de l’avant vers un futur démocratique », exprimant sa « préoccupation » face à la situation, tout en soulignant « l’importance d’un processus [de transition] très ouvert »

La chef de la diplomatie européenne a aussi eu des entretiens avec le mouvement Tamarrod – à l’origine des manifestations qui ont précédé l’éviction de Mohamed Morsi – mais aussi des responsables du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), bras politique des Frères musulmans.

Selon l’agence officielle Mena, Catherine Ashton a rencontré l’ancien Premier ministre de l’ère Morsi, Hicham Qandil, et deux ministres de l’ex-gouvernement membres des Frères musulmans, Amr Darrag (Coopération internationale) et Mohammed Bechr (Développement local).

Inquiétudes

Durant ces rencontres, plusieurs milliers de partisans du président islamiste déchu ont manifesté à proximité du siège du gouvernement, dans le centre du Caire. Scandant des slogans hostiles au nouveau pouvoir, ils n’ont pu approcher à moins de 200 mètres du bâtiment, dont l’accès était bloqué par les forces de l’ordre. « Le gouvernement est illégitime », était-il écrit sur une banderole.

En visite à Amman, le secrétaire d’État américain John Kerry a de son côté estimé qu’il était « trop tôt » pour dire quelle direction l’Égypte allait prendre. Il s’est dit « inquiet des arrestations politiques ».

Des tensions restent vives entre les partisans de Mohamed Morsi et ses détracteurs. Un policier, membre des forces de sécurité d’Al-Arich, chef lieu du gouvernorat du Nord Sinaï, a été tué devant un commissariat par des hommes armés à bord d’une voiture, un autre dans la nuit du 17 au 18 juillet devant chez lui, également à Al-Arich, et un troisième dans l’attaque d’un poste de police dans une autre localité, Cheikh Zouweïd. Des morts qui s’ajoutent à celui d’un autre agent de l’ordre la veille dans la péninsule.

(Avec AFP)