Politique

Le Nigeria va rappeler une partie de ses soldats envoyés au Mali

Le Nigeria va retirer une partie de ses 1 000 soldats stationnés au Mali au sein de la Minusma. Officiellement, Abuja a besoin d’une partie de ses troupes à cause de la situation intérieure. Officieusement, les militaires nigérians s’estiment « pauvrement traités » depuis que l’ONU à pris les opérations en mains.

Mis à jour le 19 juillet 2013 à 10:28

Le retrait nigérian a été annoncé par Alassane Ouattara en marge du 43e sommet ordinaire de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 pays), qui se actuellement à Abuja. « J’ai reçu une lettre du président (Goodluck Jonathan). Le Nigéria a besoin d’une partie de ses troupes », a déclaré le président ivoirien, qui s’exprimait en qualité de président en exercice de la Cédéao. « Ils (les Nigérians) ne retirent pas tout le monde, une bonne partie restera » au sein de la Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), a-t-il précisé à la presse. « C’est à cause de la situation intérieure », a justifié Alassane Ouattara.

Depuis le 15 mai, l’armée nigériane est engagée dans une vaste offensive contre les islamistes de Boko Haram dans le nord-est du pays, où l’état d’urgence a été décrété dans trois États.

"Nous aurons un meilleur usage de nos soldats chez nous"

1 000 soldats nigérians sont actuellement déployés au Mali. Le nombre exact de soldats retirés n’a pas été arrêté, selon une source militaire nigériane. La même source a expliqué ce retrait par la façon injuste dont le Nigeria était traité au sein de la nouvelle force des Nations Unies au Mali. « Le Nigeria s’estime pauvrement traité (…) depuis que l’ONU a pris en main les opérations, a-t-elle expliqué. C’est un non-Nigérian qui a été nommé commandant en chef de la force, alors que nous nous investissons tellement dans la mission. Nous pensons donc que nous aurons un meilleur usage de nos soldats chez nous plutôt que de les laisser là où ils ne sont pas appréciés à leur juste mesure ».

Déployée en soutien à l’armée française dans son offensive contre les islamistes dans le nord malien, la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) était dirigée par un général nigérian, Shehu Abdulkadir. La Minusma, opérationnelle depuis le 1er juillet, est coordonnée par un général rwandais.

La force de l’ONU, créée en avril, doit compter à terme plus de 12 600 hommes dont 11 200 soldats et 1 440 policiers équipés d’hélicoptères de combat et de transport. Elle est notamment chargée de s’assurer du bon déroulement des élections prévues pour le 28 juillet.

(Avec AFP)