Politique

Mali : ce qui coince encore dans l’application de l’accord de Ouagadougou

Le comité de suivi et d’évaluation de l’accord préliminaire de Ouagadougou, signé le 18 juin dernier entre les rebelles touaregs et le gouvernement malien, a tenu sa première réunion à Bamako, le 22 juillet. Les avancées sont notables, mais certains points coincent toujours, comme la libération par Bamako de certains prisonniers.

Mis à jour le 23 juillet 2013 à 15:40

Des délégués touaregs, le 10 juin 2013 à Ouagadougou. © AFP

Le comité de suivi et d’évaluation de l’accord de Ouagadougou a tenu sa première réunion à Bamako, lundi 22 juillet. Objectif : passer en revue les acquis mais aussi relever les points de divergence dans l’application du document signé le 18 juin dernier.

Ledit comité est essentiellement composé des représentants des rebelles touaregs et du gouvernement malien, auxquels s’ajoutent ceux du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et du Mouvement et force patriotique de résistance « Ganda-koy » (milice d’auto-défense songhaï) en tant qu’observateurs. À noter que ces deux derniers ne sont pas signataire de l’accord, mais l’ont cautionné.

Enquête sur les crimes de guerre

Pendant la journée, les discussions ont porté sur les modalités de la création de la future commission d’enquête internationale chargée de faire la lumière sur les crimes de guerre commis pendant la crise de 2012. À ce sujet, les représentants du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) demandent la création d’un secrétariat permanent de suivi et d’évaluation.

À l’issue des travaux qui ont duré une journée, le comité a exprimé sa satisfactions sur trois points : le « cantonnement des combattants touaregs ; le retour de l’administration… et des forces de défense et de sécurité maliennes à Kidal ». En revanche, d’autres aspects de la mise en œuvre de l’accord font toujours l’objet de blocages.

Libération des "prisonniers politiques"

« Je suis resté sur ma faim, car nous ne comprenons pas que les autorités maliennes refusent toujours de libérer les prisonnier politiques. L’accord de Ouagadougou dit qu’ils seront libérés dès le début du processus de mise en œuvre », explique Mossa Ag Acharatoumane, un membre du MNLA qui a pris part aux travaux. Reste que les détenus suspectés, notamment, de crimes de guerre ne sont pas libérables, selon le document signé à Ouagadougou.

Ce qui constitue une difficulté d’interprétation n’a cependant pas empêché les parties de lancer des appels à l’apaisement dans le pays. À l’issue de leur discussions, le MNLA, CHUA, MAA, et Ganda-koy ont fait une déclaration commune dans laquelle, ils « demandent que tous les Maliens s’abstiennent de tout acte et propos de nature à inciter à la violence, à la haine et à toute confrontation intercommunautaire ». Une initiative qui fait allusion aux derniers heurts et incidents qui ont causé la mort de plusieurs hommes à Kidal, ces dernières semaines…

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Baba Ahmed