Politique

Génocide : Bernard Munyagishari, second prisonnier du TPIR transféré au Rwanda

| Par Jeune Afrique
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), basé à Arusha en Tanzanie.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), basé à Arusha en Tanzanie. © AFP/Tony Karumba

Basé à Arusha, en Tanzanie, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a décidé de transférer Bernard Munyagishari, le 24 juillet, vers Kigali. Il s’agit du deuxième Rwandais accusé d’avoir participé au génocide de 1994 dans ce cas.

Accusé d’avoir participé au génocide de 1994 contre les Tutsis, Bernard Munyagishari a été transféré à Kigali, mercredi 24 juillet après-midi, et a été présenté dans la foulée, sous garde policière, à la presse avant d’être conduit à son lieu de détention. « Dans les dix jours, il doit être présenté aux juges (…) on a un sentiment de satisfaction car cela démontre qu’il y a une confiance dans la justice rwandaise en général », a commenté Alain Mukuralinda, porte-parole du procureur général du Rwanda.

La décision relative à sa mise en liberté provisoire ou son maintien en détention jusqu’au procès revient aux juges. Son procès devrait débuter en septembre devant la Haute cour à Kigali. Avant lui, seul le pasteur adventiste Jean Uwinkindi avait été remis par le TPIR aux autorités rwandaises.

Pendant le génocide, Munyagishari était secrétaire général du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND) à la préfecture de Gisenyi (nord) et président pour la même région de la jeunesse du parti, les Interahamwe. Né en 1959, il a été inculpé par le TPIR en 2005 pour le chef d’« entente en vue de commettre le génocide », « génocide », « complicité de génocide », assassinats et viols « constitutifs de crime contre l’humanité ». Mais il n’a été arrêté qu’en 2011 en République démocratique du Congo (RDC).

Tueries et viols

On lui reproche d’avoir été à la tête des groupes de miliciens Interahamwe impliqués dans des tueries et des viols en série de Tutsis à Gisenyi et dans le reste du pays, entre avril et juillet 1994. Six autres dossiers d’accusés en fuite ont été remis à la justice rwandaise. Le TPIR transfère les accusés vers les juridictions nationales avant la fin de son mandat de 20 ans prévu par l’ONU, de 1994 à 2014.

Pourtant, jusqu’en 2011, le tribunal préférait ne pas recourir à cette solution, estimant que les procès au Rwanda n’étaient pas équitables. Un revirement dû en partie aux réformes judiciaires engagées à Kigali. Selon l’ONU, le génocide rwandais a fait 800 000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie, entre avril et juillet 1994.

(Avec AFP)

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