Politique

France : vers une interdiction du voile à l’université ?

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Des étudiantes voilées dans une université française.

Des étudiantes voilées dans une université française. © AFP

Selon le quotidien français « Le Monde », le Haut Conseil à l’intégration (HCI) a remis un rapport à l’Observatoire de la laïcité dans lequel il recommande d’interdire le voile islamique dans les établissements publics d’enseignement supérieur. En 2004, une loi interdisant le port du voile dans les écoles, collèges et lycées publics avait suscité une large polémique.  

Après son interdiction dans les établissements du second degré, le voile islamique pourrait-il être banni des universités françaises ? C’est en tout cas ce qu’indique Le Monde dans son édition datée du mardi 6 août. Dans l’un de ses derniers rapports – dont le quotidien a obtenue copie -, le Haut Conseil à l’intégration (HCI) suggère à l’Observatoire de la laïcité, une instance gouvernementale chargée du respect de la laïcité dans les services publics, d’interdire « les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse » dans les établissements publics d’enseignement supérieur.

D’après Le Monde, le rapport du HCI édicte douze propositions pour faire face aux « nombreux contentieux intervenus dans tous les secteurs de la vie universitaire ». Parmi elles figure l’adoption d’une loi interdisant « dans les salles de cours, lieux et situations d’enseignement et de recherche des établissements publics d’enseignement supérieur, les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse ». Si le rapport ne mentionne pas le voile directement, l’idée est bien d’interdire aux étudiantes musulmanes de porter le foulard islamique pendant les cours.

Dans leur texte, les auteurs rappellent que le code de l’éducation prévoit que « le service public de l’enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ». Ils « voient donc mal pourquoi l’enseignement supérieur camperait dans un hypothétique statut d’extraterritorialité ».

Actes de prosélytisme

Selon eux, « certaines universités » sont en butte à « des demandes de dérogation pour justifier une absence, au port de signes d’appartenance religieuse, à des actes de prosélytisme, à la récusation de la mixité tant au niveau des étudiants que des enseignants, à la contestation du contenu des enseignements, à l’exigence de respect des interdits alimentaires, à l’octroi de lieux de culte ou de locaux de réunion à usage communautaire… » « Les problèmes n’ont pas disparu, ne se sont pas raréfiés mais se sont banalisés, poursuit le rapport. Des personnalités auditionnées parlent même "d’actions souterraines" (associations cultuelles masquées, conférences à contenu politico-religieux, etc.). Des professeurs nous signalent, par exemple, la difficulté qu’ils éprouvent parfois à organiser des binômes d’étudiants des deux sexes pour des travaux de groupe. »

En 2004, la France avait adopté une loi interdisant les signes religieux ostentatoires dans les écoles, collèges et lycées publics. À l’époque, le texte avait déclenché une vaste polémique, dépassant les frontières de l’hexagone. Aujourd’hui, rien ne dit que le rapport du HCI va déboucher sur une projet de loi concret du gouvernement, déjà empêtré dans différentes difficultés. D’après Le Monde, l’Observatoire de la laïcité, soucieux d’« apaisement » sur ces sujets, entend d’ailleurs se « faire sa propre religion » sur la question. 

 

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