Politique

Côte d’Ivoire : Charles Blé Goudé « torturé » en détention, selon ses avocats

D’après ses avocats, Charles Blé Goudé, proche de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, aurait subi des « tortures » durant sa détention. Arrêté en janvier dernier au Ghana, il a été extradé et inculpé de « crimes de guerre » pour son implication présumée dans la crise post-électorale de 2010-2011.

Mis à jour le 6 août 2013 à 10:39

À en croire ses avocats, Charles Blé Goudé est « torturé » et subit des « traitements cruels, inhumains et dégradants » depuis qu’il est en détention. Arrêté le 17 janvier au Ghana après plus d’un an et demi de cavale, l’ex-chef des Jeunes patriotes et fidèle de Laurent Gbagbo avait été extradé dès le lendemain vers la Côte d’Ivoire.

Il a été incarcéré tour à tour dans « une maison » puis dans les « locaux de la police dans des conditions inhumaines et dégradantes », a affirmé lundi à Abidjan son collectif d’avocats.

Le détenu, qui a bénéficié vendredi de la visite de ses conseils, la deuxième après celle du 30 janvier, « dort quasiment nu à même le sol, ne voit pas la lumière du jour, ne bénéficie pas de soins médicaux et n’a droit qu’à un seul repas par jour ». « Nous avons rencontré un homme fatigué, amaigri et portant les séquelles de la torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants dont il est l’objet depuis son arrestation », ont-ils déploré, avant d’ « exiger » son transfèrement dans une maison d’arrêt.

Libération de Michel Gbagbo et de Pascal Affi N’Guessan

L’ancien ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo a été inculpé le 21 janvier de « crimes de guerre » mais aussi d’« assassinats, vols en réunion, dégradation et destruction de biens d’autrui ».

Il était visé par un mandat d’arrêt international émis par la justice ivoirienne pour son implication présumée dans les violences postélectorales qui ont duré de décembre 2010 à avril 2011. Cette crise sanglante avait fait environ 3 000 morts.

Laurent Gbagbo est lui détenu depuis fin 2011 à La Haye par la CPI, qui le soupçonne de crimes contre l’humanité. Quatorze personnalités pro-Gbagbo, dont son fils Michel et le leader du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Gbagbo), Pascal Affi N’Guessan, ont par ailleurs obtenu lundi une remise en liberté provisoire.

(Avec AFP)