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Al-Jazira s’attaque à l’Oncle Sam

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Dès le lancement, Al-Jazira America sera accessible à 48 millions de ménages américains.

Dès le lancement, Al-Jazira America sera accessible à 48 millions de ménages américains. © AFP

Al-Jazira a lancé, mardi 20 août au soir, sa nouvelle chaîne d’information aux États-Unis, à grand renfort de publicités et en promettant un journalisme approfondi. Le groupe, qui appartient à la famille souveraine du Qatar, doit se préparer à une féroce bataille pour conquérir des parts d’audience outre-Atlantique.

Après avoir conquis le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, et une partie de l’Europe, Al-Jazira franchit l’Atlantique. Mardi soir, le groupe qatari a lancé sa nouvelle chaîne d’information aux États-Unis.

Forte d’un porte-monnaie bien garni, d’un programme ambitieux et d’une brochette de reporters célèbres, Al-Jazira America entend révolutionner le journalisme télé. Elle va notamment diffuser des reportages de long format, un aspect souvent négligé par les autres grands groupes télévisés américains.

La première heure de vie la chaîne qatarie a ainsi été consacrée à un reportage de l’émission "Fault Lines" ("lignes de failles" ou "clivages"), consacré aux entreprises américaines au Bangladesh. Pour ses débuts, le groupe s’est offert plusieurs pages de publicité dans des quotidiens et était très présent sur les réseaux sociaux.

Forte concurrence

Al-Jazira America sera dans un premier temps reçue par 48 millions de foyers à travers le pays. Si elle prévoit de démarrer avec un taux d’audience relativement faible, elle compte s’étendre davantage et frapper un grand coup face à la concurrence féroce des trois géants de l’information en continu : CNN, MSNBC et Fox News.

Au total, 850 personnes ont été embauchées pour travailler dans 12 bureaux à travers les États-Unis (sur un total de 70 dans le monde). Outre les longs reportages, la présidente d’Al-Jazira America, Kate O’Brian, a promis que la nouvelle chaîne allait "éviter les commentaires d’experts ou les dernières folies des célébrités".

Une image écornée

Jeff Jarvis, professeur de journalisme à la City University de New York, est sceptique : "Ils ont embauché des gens qui viennent de l’info télévisée traditionnelle ; ils ont fait attention à ne pas embaucher d’étrangers. Or ce que j’attends c’est une nouvelle forme (de télévision), avec de nouvelles perspectives".

Le groupe, qui appartient à la famille souveraine du Qatar, doit se préparer à une bataille difficile pour conquérir des parts d’audience aux États-Unis, en particulier en raison de son histoire au Moyen-Orient. La chaîne est connue pour avoir diffusé, dans le passé, des messages vidéo d’Al-Qaïda ou d’Oussama ben Laden. Certains conservateurs estiment que le groupe est aujourd’hui encore hostile à l’Occident, et nombreux sont les Américains qui assimilent Al-Jazira au terrorisme islamique.

(Avec AFP)

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