Politique

Zimbabwe : investiture de Robert Mugabe sur fond de critiques contre l’Occident

Robert Mugabe lors de son investiture à Harare, le 22 août 2013. © AFP

Au pouvoir depuis l'indépendance du Zimbabwe en 1980, Robert Mugabe, 89 ans, a été investi en grande pompe, le 22 août, pour un nouveau mandat à la présidence du pays. Lors de son discours d’investiture, le vieux président s’est attaqué aux "pays occidentaux" qui ont contesté la crédibilité des résultats de sa large victoire aux élections du 31 juillet.

C’est parti pour un sixième mandat à la tête du Zimbabwe. À 89 ans, Robert Mugabe a été investi, le 22 août, comme président de son pays. L’occasion pour l’homme fort d’Harare de s’en prendre violemment à tous ceux qui ont contesté la crédibilité des élections du 31 juillet.

"Quant aux quelques pays occidentaux qui peuvent avoir une vision différente, négative, de notre processus électoral et de ses résultats, il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire pour eux, a déclaré Robert Mugabe, lors de son discours d’investiture. "Nous les rejetons comme des gens vils dont nous devons pleurer la turpitude morale. Ils ont le droit d’avoir leurs opinions, pour autant qu’ils reconnaissent que la majorité de notre peuple a approuvé le résultat des élections", a-t-il ajouté.

Devant des dizaines de milliers de partisans enthousiastes réunis dans un stade de la capitale en ce jour déclaré férié pour l’occasion, Robert Mugabe, au pouvoir depuis 33 ans, a juré d’"observer, faire respecter et défendre la Constitution du Zimbabwe et toutes les lois du Zimbabwe". Une Constitution, relativement libérale sur le papier, qui n’a été adoptée qu’en mars, mais que, désormais, le président peut la modifier à sa guise, son camp ayant remporté plus des deux tiers des sièges au Parlement.

>> Lire aussi : Robert Mugabe, président … à vie ?

Parmi les mesures que prendra son futur gouvernement, Robert Mugabe a promis d’intensifier sa politique d’"indigénisation", qui vise notamment à octroyer à des Zimbabwéens noirs la majorité du capital des filiales locales de groupes étrangers.

Les amis de Mugabe

Une quarantaine de chefs d’État étaient invités à venir assister à la cérémonie, mais très peu ont fait le déplacement. Parmi les fidèles amis de Robert Mugabe, on a remarqué la présence des chefs d’État congolais, Joseph Kabila, namibien, Hifikipunye Pohamba et tanzanien, Jakaya Kikwete.

Des bannières portaient dans le stade des messages vantant les dirigeants africains et dénonçant les gouvernements occidentaux accusés d’ingérence dans les affaires zimbabwéennes. "Quel Africain a jamais observé des élections en Europe, en Amérique ?", pouvait-on lire sur l’une d’entre elles. "L’Afrique a parlé, respectez sa voix", disait une autre. "C’est un grand jour pour le Zimbabwe, et le monde va s’arrêter aujourd’hui", a déclaré, emphatique, Alfred Tome, le préfet d’Harare.

"Cérémonie d’adieu" ?

Pour Eldred Masunungure, politologue à l’Université du Zimbabwe, "cette investiture a été mise en scène comme la célébration de la victoire après treize années de lutte contre les grandes puissances occidentales". "Elle peut aussi être interprétée comme une cérémonie d’adieu pour Mugabe. Cela rappelle la Cène de Jésus", a-t-il ajouté.

L’étonnante longévité de Robert Mugabe ne fait pas taire les rumeurs récurrentes sur sa santé, alors qu’il s’absente régulièrement pour de mystérieuses visites en Asie. Et la bataille pour sa succession a déjà commencé au sein de son parti, la Zanu-PF.

Un absent de marque à la cérémonie, le Premier ministre sortant Morgan Tsvangirai, qui a qualifié le scrutin d’"énorme farce". Il partageait tant bien que mal le pouvoir avec Robert Mugabe depuis quatre ans, après une médiation des pays voisins qui les avait contraints à cohabiter pour éviter une guerre civile dans le pays.

(Avec AFP)

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