Politique

Afrique du Sud : un réseau social appelé Mandela

Page d'accueil de mandela.is, le réseau social dédié à Nelson Mandela. © DR

Nelson Mandela avait sa ligne de vêtements, sa cuvée de vin, des paillassons à son effigie… Il n'imaginait sans doute pas avoir un jour un réseau social à son nom. Pourtant, sa famille n'a pas hésité. Jeune Afrique a fait la visite de mandela.is, la nouvelle plateforme dédiée aux fans de Madiba.

"Bienvenue à vous, citoyen du changement !". Vous venez de pénétrer dans mandela.is, le réseau social de Nelson Mandela, lancé en mars, en toute discrétion, par deux de ses petits-fils, Ndaba et Kweku. Accueillie par une représentation en aquarelle de Madiba, vous pénétrez dans une plateforme combinant des fonctionnalités de Facebook et de Twitter, en plus simpliste, mais spécialement dédié au père de la nation sud-africaine. Le principe : amener des milliers, voire millions, de personnes de par le monde à partager du contenu, échanger, discuter, via un système de chat, autour de ce que Madiba a changé dans leur vie. Petites actions, pensées éphémères, poésies, photos, vidéos…

"C’est un réseau social qui se nourrit de l’inspiration que suscite mon grand-père au niveau mondial", a expliqué à l’AFP Ndaba Mandela, qui, à 30 ans, est à la tête de l’initiative. "Les gens peuvent raconter ce que Mandela les a incités à faire, comment il les a encouragés à rendre service à leur communauté", ajoute le jeune homme, président d’Africa Rising, un organisme à but non lucratif pour la promotion de l’image du continent africain, via des œuvres artistiques.

"Nous ne rendons hommage à nos héros, à nos chefs qu’une fois qu’ils sont morts", ajoute-t-il. "Nous voulons faire bloc comme une famille et dire ‘n’attendons pas qu’il soit décédé, commençons à le célébrer tant qu’il est encore vivant, capable de bouger, parler et communiquer." Le site rassemblerait déjà environ un millier de membres, selon l’AFP, dont des journalistes, des chefs d’entreprise… Tous fans de Mandela. Ou parfois moins désintéressés, comme le Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud, qui a investi le réseau via la Ligue des Jeunes.

Mandela, la marque déposée

Ce site internet est cependant "une entreprise comme une autre", explique son fondateur, qui envisage d’en tirer des bénéfices pour alimenter sa fondation, même si, bien sûr, il ne s’agit pas de profiter de la notoriété de Nelson Mandela pour "faire de l’argent". La famille de Madiba a pourtant de l’expérience en la matière. Makaziwe et Tukwini Mandela, fille et petite-fille de l’ancien chef d’État, commercialisent ainsi des vêtements, des livres, des bijoux, des sacs à main  à son effigie et ont même fini par lancer la cuvée du vin Mandela en mai 2013. Mieux, trois petites-filles, Dorothy, Swati et Zaziwe ont choisi de profiter de la notoriété de leur grand-père pour se lancer dans la téléréalité.

Le site mandela.is, s’il n’a rien pour le moment d’une mine d’or, n’est donc que la dernière d’une longue série d’initiatives. Et, si l’activité n’y saute pas aux yeux (le fondateur, Ndaba Mandela n’a posté que 26 fois depuis la création), le potentiel est énorme. Aux États-Unis, la chanteuse Lady Gaga a en effet tenté une expérience similaire, fin 2011. Avec succès. Partageant des informations sur la chanteuse, proposant des places de concert, des photos, des témoignages, la plateforme, intitulé littlemonsters.com rassemble aujourd’hui environ un million de personnes. À 95 ans, Nelson Mandela, depuis son lit d’hôpital, qu’il n’a pas quitté depuis le 8 juin dernier, n’imaginait sans doute pas marcher dans les pas de Lady Gaga.

Par Mathieu OLIVIER 

Pour aller plus loin :

Afrique du Sud : l’épopée musicale de Nelson Mandela
Nelson Mandela, un patrimoine mondial numérique

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