Musique

Ciblé par des activistes propalestiniens, Salif Keita annule un concert à Jérusalem

Salif Keita à Paris, le 16 novembre 2012.

Salif Keita à Paris, le 16 novembre 2012. © Vincent Fournier/J.A

Le célèbre musicien malien a annulé à la dernière minute son concert au Festival de musique sacrée de Jérusalem. Il affirme avoir subi des « menaces » de BDS, un groupe propalestinien prônant le boycott d’Israël.

Attendu le vendredi 23 août à Jérusalem pour le concert de clôture du festival de musique sacrée, Salif Keita a rebroussé chemin quelques heures avant de monter dans l’avion. "Salif m’a appelé la veille de son départ vers 1 heure du matin, confie un de ses proches à Jeune Afrique. Il m’a dit qu’il subissait une grosse pression et des menaces d’un groupe propalestinien et a préféré annuler sa prestation".

Le lendemain, jeudi 22 août, Salif Keita et Coumba Mukalo, son agent et épouse, publient un communiqué sur la page Facebook du chanteur. Ils y dénoncent des "menaces, tentatives de chantage, intimidation et harcèlement sur les réseaux sociaux" de la part de membres du groupe BDS (boycott, désinvestissement, sanctions). Ce mouvement propalestinien, créé au milieu des années 2000, milite pour le boycott politique, économique et culturel de l’État hébreu. Selon l’équipe de Salif Keïta, le BDS menaçait d’étendre sa campagne de dénigrement de l’artiste et de "ruiner sa réputation" si celui-ci se produisait au festival de musique sacrée de Jérusalem.

Sur son site français, le mouvement BDS s’est rapidement félicité du fait que Salif Keita ne se déplace pas en Israël. Il a aussi publié "Une réponse au communiqué de la fondation Salif Keita". Dans ce texte, le groupe propalestinien confirme que des "milliers de personnes  qui se reconnaissent dans la campagne BDS ont interpellé Salif Keita (…) afin qu’il ne se produise pas dans Jérusalem occupée". Il indique également que parler de "courriers menaçants", de "chantage" ou d’"intimidation" est un "mensonge éhonté".

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Benjamin Roger

 

Suite à la mise en ligne de cet article, l’association BDS a tenu à nous faire parvenir les précisions suivantes :

"La campagne internationale boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), campagne citoyenne et non violente qui vise à mettre fin à l’impunité d’Israël, sur le modèle de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, se réjouit du nombre de plus en plus important d’artistes de renommée internationale qui refusent de se produire en Israël. […]

BDS contacte donc ces artistes dans le but de gagner à la fois leur esprit et leur cœur. […] Outre que ce serait contre nos principes, il serait également contre-productif de les menacer d’une quelconque manière.

À ce jour de très nombreux artistes ont répondu à l’appel au boycott. […]

Nous avons conscience des pressions extrêmement fortes que subissent ces artistes de la part de l’État d’Israël et de ses alliés dans le monde, et nous leur sommes d’autant plus reconnaissants de leur décision d’annuler leur visite en Israël. Nous sommes également conscients que des sommes importantes sont en jeu et que, parfois, les
agents de ces artistes se sentent obligés de faire des  déclarations mensongères, mais nous le regrettons. […]

Salif Keïta est un artiste engagé pour les droits humains et nous savions qu’il serait sensible aux atteintes aux droits humains en Palestine, aux discriminations, aux démolitions de maisons, aux emprisonnements illégaux et aux assassinats. Nous lui sommes extrêmement reconnaissants de s’être placé du bon côté de l’Histoire. […]"

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