Économie

Les gouvernements africains ne surveilleraient pas (encore) Facebook

Mis à jour le 29 août 2013 à 17:28

Les autorités africaines ont-elles les yeux rivés sur Facebook ? À en croire le réseau social, qui a publié, mardi 27 août, le nombre de demandes d’informations faites par les gouvernements au premier semestre 2013, elles n’ont pas encore jugé prioritaires de tenter de récupérer les données personnelles de leurs utilisateurs. Seuls cinq pays du continent en ont fait la requête. Et aucun n’a obtenu gain de cause.

Les gouvernements africains, qu’on critique souvent pour leur attitude en matière de liberté d’expression, ont-ils peur de Facebook ? Visiblement, non, ou pas encore. Selon le réseau social, créé  par Mark Zuckerberg, le site aurait reçu, du 1er janvier au 30 juin 2013, 26 000 demandes d’informations portant sur 38 000 comptes d’utilisateurs. Et seules 30 d’entre elles provenaient d’Afrique.

En tête des 71 pays demandeurs : les États-Unis, dont le nombre d’utilisateurs est évidemment plus important. Ceux-ci ont cherché à accéder à 20 000 profils, loin devant la France, en sixième position tout de même avec 1547 sollicitations, portant sur 1598 comptes. Derrière, les pays africains sont loin d’être aussi demandeurs. Le Botswana (3 requêtes), l’Égypte (8), la Côte d’Ivoire (4) – sans doute à relier aux problèmes de cybercriminalité -, l’Afrique du Sud (14) et l’Ouganda (1) sont les seuls pays du continent à avoir contacté Facebook, au premier semestre 2013. Sans succès, puisqu’aucune de leurs demandes n’a été examinée, selon le géant américain.

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En majorité des affaires criminelles

La plupart du temps, ces requêtes, qui ne sont donc pas toutes acceptées, du fait de lacunes juridiques, concernent des informations basiques, comme le nom de la personne propriétaire d’un compte. Néanmoins, elles peuvent être plus précises et porter sur le contenu publié. Colin Stretch, avocat général de Facebook estimait, dans une conférence de presse, mardi 27 août, que "la grande majorité de ces requêtes est liée à des affaires criminelles, comme des vols ou des enlèvements".  Il peut également s’agir d’affaires plus complexes relatives à la sécurité nationale, par exemple la surveillance de personnes soupçonnées de préparer des actes terroristes.

Le site The Verge s’est quant à lui intéressé au cas de la Turquie, qui a effectué 96 demandes officielles sur 170 utilisateurs, alors qu’on le soupçonnait de chercher à recueillir des informations sur des manifestants de la place Taksim. Selon le rapport, 47% des requêtes de la Turquie ont été honorées par le réseau social américain.

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Par Mathieu OLIVIER