Sport

Jeux de la Francophonie : dix sportifs congolais se font la malle

| Par
Cérémonie d’ouverture des Jeux de la Francophonie 2009.

Cérémonie d'ouverture des Jeux de la Francophonie 2009. © Reuters

Ils n’ont pas attendu la fin de la compétition pour sortir par la petite porte. Dimanche, sept basketteuses, deux cyclistes et un footballeur représentant la RDC aux Jeux de la Francophonie, à Nice, ont disparu. Selon le chef de leur délégation, ils se sont enfuis aussitôt après avoir touché leur prime de 1 000 euros.

Une équipe de basket décimée après le départ de sept joueuses sur huit présentes, les deux meilleures cyclistes du pays en fuite, et un footballeur manquant. Voilà pour le moment, le triste bilan de la RDC aux Jeux de la Francophonie, qui se déroulent  à Nice jusqu’au 15 septembre. "Elles ont toutes disparu, ainsi que les deux meilleurs cyclistes du pays et un footballeur, après avoir touché leurs primes" de 1 000 euros, a expliqué, dimanche 8 septembre, Barthélémy Okito Oleka, le chef de la délégation, par ailleurs secrétaire général aux Sports et Loisirs de RDC.

Cette somme est versée à chacun par la délégation destinée aux dépenses personnelles pendant les Jeux, les organisateurs français prenant à leur charge logement, nourriture et transport. "Nous sommes inconsolables car notre équipe de basketteuses était qualifiée pour le quart de finale de ces Jeux !" a ajouté le responsable congolais.

"C’est l’image du Congo qui y perd"

Les passeports des sportifs seraient cependant restés aux mains de leurs entraîneurs, après que des "agents sportifs" agissant "en bande organisée" eurent été repérés. "On a attrapé un complice d’agent sportif, un ancien athlète congolais, il a été remis à la police et nous avons porté plainte" dimanche soir, a précisé le chef de la délégation qui comptait 74 membres, dont 37 sportifs. En 2012, lors des Jeux olympiques de Londres, quatre membres de la délégation congolaise – soit un tiers de la délégation – avaient également fait défaut.

"Dans cette histoire, c’est non seulement les fédérations, mais aussi l’image de marque du Congo qui y perd. Il faut dénoncer ces agents sportifs qui font miroiter beaucoup d’argent aux athlètes en leur promettant de les placer ensuite dans de grands clubs. C’est trop facile !" s’est insurgé le responsable. "Il faut que ces gens-là négocient officiellement avec les fédérations et attendent la fin des compétitions s’ils sont intéressés par tel ou tel athlète. Que les choses ne se passent pas de manière clandestine !" a estimé Barthélémy Okito Oleka.

"Ce n’est que le début"

Les disparus congolais sont-ils les premiers d’une liste amenée à s’allonger ? À Londres, cinq boxeurs, une footballeuse et un nageur camerounais s’étaient également volatilisés, tout comme deux nageurs ivoiriens. "Je me posais il y a quelques jours sur mon profil Facebook la question de savoir combien d’athlètes congolais rentreraient au pays après leur participation aux Jeux de la Francophonie à Nice. La réponse vient de tomber et ce n’est que le début", écrit ainsi le blogueur de RDC, Cédric Kalonji, lundi.

"Ça a commencé", se contente de dire la journaliste camerounaise Annie Payep, qui, comme beaucoup, ne semble pas surprise. "Ce n’est pas un scoop", écrit Cédric Kalonji, qui imagine les "conseils des gens du quartier à la veille du grand voyage" : "C’est la chance de ta vie ma sœur. Il ne faut surtout pas revenir hein ?"

________

Par Mathieu OLIVIER

(Avec AFP)

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3104_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer