Politique

L’Algérie marque des points contre le trafic de carburant subventionné

Les contrôles réalisés depuis plusieurs mois par l’Algérie à ses frontières a permis d’enrayer le trafic de craburant vers ses voisins du Maghreb, notamment le Maroc et la Tunisie.

Mis à jour le 9 septembre 2013 à 17:25

Le trafic d’essence est un frein pour les économies de la région. © AFP

L’Algérie est de plus en plus confrontée aux effets pervers des larges subventions qu’elle accorde sur de nombreux produits de consommation courante pour éviter une explosion sociale. Celles-ci représentent non seulement une dépense pour le pays mais aussi des pertes en taxes pour toutes les économies de la région en favorisant le trafic. Donc les milieux mafieux, voire jihadistes, mais aussi la consommation et la nécessité d’investir toujours plus pour produire plus.

Consciente de ce phénomène qui a tendance à prendre d’énormes proportions – jusqu’à 25% de la production nationale – , l’Algérie a entrepris depuis plusieurs mois des contrôles massifs près des régions frontalières pour endiguer la contrebande de carburant, qui "représente près d’un milliard d’euros de manque à gagner par an pour l’État algérien", a indiqué lundi 8 septembre le ministre de l’Énergie, Youcef Yousfi. Une lutte qui "commence à porter ses fruits", a-t-il ajouté.

Un indicateur de ces premiers succès est le rythme d’augmentation de la consommation de carburant, qui a nettement baissé. "Il était de 9% en juillet 2012, il est passé à 1,8% en juillet 2013", précisé le ministre. De fait, les trafiquants d’essence assèchent régulièrement les pompes de certaines zones frontalières et font de gros bénéfices à la revente.

Rationnements

En Algérie, un litre d’essence vaut 23 DA (0,23 euro) et un litre de gazole 13,40 dinars (0,13 euro). Au Maroc, alimenté à hauteur de 60% par ce commerce illicite malgré la fermeture de la frontière depuis deux décennies, le litre d’essence coûte 1,1 euro. Le carburant de contrebande provient en partie de la région de Tlemcen (ouest de l’Algérie), où les autorités ont rationné l’essence fin juin pour freiner les hallaba (qui abreuvent) dans leurs trafics.

Selon M. Yousfi, l’Algérie consomme actuellement quelque 12 millions de tonnes de carburant par an, avec un rythme de croissance de la demande annuelle d’un million de tonnes. Pour satisfaire cette demande, l’Algérie a lancé un vaste programme de réhabilitation de ses raffineries pour augmenter leur capacité de production, a affirmé le ministre.

Ce programme prévoit notamment la rénovation des raffineries d’Alger, d’ici fin 2014, d’Arezw (ouest), déjà opérationnelle, et celle de Skikda (est) d’ici la fin de l’année. L’Algérie compte également lancer d’ici fin 2013 la construction de nouvelles raffineries pour augmenter dans cinq ans à entre 50 et 60 millions de tonnes par an ses capacités de raffinage contre 25 millions de tonnes actuellement, a précisé M. Yousfi.

(Avec AFP)