Politique

CPI : le vice-président kényan William Ruto face à ses juges

| Par Jeune Afrique
William Ruto, vice-président du Kenya.

William Ruto, vice-président du Kenya. © AFP

Le procès du vice-président kényan, William Ruto, et de son coaccusé, l’animateur de radio Joshua Arap Sang, commence ce mardi 10 septembre à La Haye. Ils sont accusés par la CPI de crime contre l’humanité lors des violences postélectorales de 2007-2008.

C’est la première fois qu’un responsable en exercice est jugé. En attendant le procès du président en exercice du Kenya, Uhuru Kenyatta, prévu le 12 novembre, celui du vice-président William Ruto, 46 ans, s’ouvre mardi 10 septembre à La Haye. Comme le chef de l’État, il est accusé de crimes contre l’humanité, en particulier d’avoir organisé des violences politico-ethniques après la réélection contestée du président Mwai Kibaki fin décembre 2007. Une crise qui avait fait un millier de morts et plus de 600 000 déplacés. Les chefs d’inculpation sont clairs : meurtres, persécutions et déportations.

Le co-accusé de Ruto est l’animateur de radio Joshua Arap Sang. Tous deux plaident non coupables. Le premier est accusé d’avoir pris la tête d’une organisation criminelle en vue d’évincer les partisans du PNU (Parti of National Unity de Uhuru Kenyatta ) de la vallée du Rift. Le second d’avoir contribué à ces crimes en « attisant les violences par la diffusion de messages de haine ». Leur procès commence dans un contexte d’hostilité parlementaire vis-à-vis de la CPI, avec l’adoption par les députés kényans d’un texte proposant de quitter le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour, accusée d’être une institution « néo-colonialiste ».

Ironie de l’histoire

De fait, les huit enquêtes que mène actuellement la Cour visent toutes des pays africains, et presque toujours des personnalités n’étant pas ou plus au pouvoir, comme Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Pourtant dans cette affaire, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, poursuit de façon égale les membres des deux clans qui se sont affrontés lors des heurts politico-ethniques de 2007-2008 avant de devenir alliés politiques : le Parti pour l’unité nationale (PNU) de Mwai Kibaki et Uhuru Kenyatta, et le Mouvement démocratique orange (ODM) de Raila Odinga et William Ruto. Uhuru Kenyatta est soupçonné d’avoir, en réaction, conçu et mis en œuvre un « plan commun » d’attaques généralisées et systématiques contre des partisans de l’ODM.

C’est même par une sorte d’ironie de l’histoire que les responsables kenyans sont jugés presque simultanément : après s’être alliés, ils sont arrivés à la tête de l’État pendant la procédure de la CPI, une mise en accusation dont ils ont même profité électoralement… « L’ouverture du premier procès, et j’espère du deuxième en novembre, ne devrait pas être vue comme une nuisance au Kenya. (…) Ce procès va permettre d’établir la vérité »,  a déclaré lundi le greffier de la CPI, Herman von Hebel. Mais l’affaire a été marquée par de nombreuses accusations faisant état d’intimidations de témoins, notamment de la part du gouvernement kényan. La défense de M. Ruto a rejeté les accusations selon lesquelles elle tente d’influencer des témoins.

M. Kenyatta avait averti dimanche qu’il était impossible que les deux têtes de l’exécutif soient ensemble hors du Kenya. Les juges de M. Ruto ont indiqué lundi qu’ils siègeraient par périodes de quatre semaines au minimum consacrées à chaque fois à un seul des deux procès.

(Avec AFP)

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