Selon une source proche du dossier contactée par Jeune Afrique, les neufs mandats d’arrêt internationaux émis mi-juillet par la justice algérienne dans le cadre de l’affaire Sonatrach ont été reçus récemment par le bureau d’Interpol à Paris. Ces mandat d’arrêt concernent Chakib Khelil, ancien ministre de l’Énergie de 1999 à 2010, son épouse Najat Arafat, et leurs fils Sina et Khaldoun. Tous se trouveraient actuellement au États-Unis, ou Khelil possède notamment trois propriétés dans l’État du Maryland.
Omar Habour, un homme d’affaire algérien soupçonné par la justice italienne d’avoir touché des commissions dans l’affaire Sonatrach, fait aussi l’objet d’un mandat d’arrêt. Tout comme Farid Bedjaoui, autre businessman franco-algérien suspecté d’être l’un des principaux protagonistes du scandale éclaboussant la société nationale d’hydrocarbures et le géant pétrolier italien Saipem. Celui-ci, toujours en fuite, fait l’objet d’une enquête de la justice française pour blanchiment de capitaux. Deux immeubles et un appartement, que Bedjaoui possède dans le 16e arrondissement de Paris, ont récemment été perquisitionnés par des policiers français et italiens et mis sous scellés. Ses comptes bancaires ont en outre été bloqués dans la foulée.
Les trois autres individus visés par les mandats d’arrêt restant sont encore méconnus. Selon nos informations, des enquêteurs français, diligentés par le procureur du parquet de Nanterre, vont bientôt se rendre à Alger pour tenter d’obtenir la collaboration de leurs homologues algériens.
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Farid Alilat et Benjamin Roger