Société

Tunisie : Sami Fehri, patron d’Ettounsiya TV, libre après plus de une année de détention

Mis à jour le 12 septembre 2013 à 10:38

 Sami Fehri, le patron de la chaîne tunisienne Ettounsiya TV, a été libéré, le 11 septembre, après plus de un an de détention. Il reste cependant poursuivi dans deux affaires.

Après plus d’une année de détention préventive, le voilà libre. Sami Fehri, le patron de la chaîne tunisienne Ettounsiya TV, est sorti très souriant, le 11 septembre à 19 heures (heure locale) de la prison de la Mornaguia, en banlieue de Tunis. Dès sa sortie, son épouse, en larmes, s’est précipitée dans ses bras.

"J’ai passé un an en prison sans jamais avoir été condamné. Je voudrais remercier tous ceux qui m’ont soutenu (…) mais ce dont j’ai besoin maintenant, c’est de repos", a-t-il déclaré avant de s’engouffrer dans la voiture de l’un de ses avocats. Ces derniers ont toujours soutenu que les ennuis judiciaires de leur client visent à faire taire une voix critique du gouvernement.

Affaires en cours

Sami Ferhi reste poursuivi dans le cadre de deux affaires. L’une concerne les préjudices financiers causés à la télévision publique tunisienne à l’époque du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali. Producteur très en vue et ex-associé de la famille de l’ex-chef de l’État, il risque à ce titre dix ans de prison.

Cinq anciens PDG de la télévision nationale et Abdelwaheb Abdallah, puissant conseiller de Ben Ali ayant eu la haute main sur les médias, sont aussi sur le banc des accusés dans ce dossier. Tous ont été remis en liberté mi-juillet.

L’autre affaire dans laquelle Sami Fehri est inquiété par la justice concerne des contrats publicitaires suspects pour la poste tunisienne.

Ettounsiya TV privée de fréquence

Le placement en détention en août 2012 de Sami Fehri a déclenché un rocambolesque feuilleton, mêlant conflits juridico-politiques, monde des affaires et accusations d’atteintes à la liberté d’expression. Son arrestation avait fait scandale car elle était intervenue quelques jours après qu’il a annoncé la suspension d’une émission de satire politique sur le modèle des Guignols français en dénonçant des pressions du gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda.

Les autorités ont pour leur part rejeté ces accusations, rappelant que Sami Fehri avait été des années durant l’associé de Belhassen Trabelsi, beau-frère de Ben Ali aujourd’hui en fuite au Canada et homme d’affaires sulfureux impliqué dans de nombreux dossiers de corruption.

En attendant, Ettounsiya TV, la chaîne la plus populaire du pays, reste privée de fréquence depuis début juillet en raison d’un conflit avec un puissant homme d’affaires, Slim Riahi. Ce dernier a racheté les fréquences satellitaires de la télévision et en a bloqué la diffusion.

(Avec AFP)