Société

Koutoukou, Lotoko, Chang’aa… ces alcools africains qui font des ravages

Un exemple d'alambic artisanal de Lotoko en RDC.

Un exemple d'alambic artisanal de Lotoko en RDC. © DR

Aux quatre coins du continent, des alcools artisanaux, consommés en grande quantité, font de nombreuses victimes. Du Koutoukou ivoirien au Chang’aa kenyan en passant par le Lotoko congolais, passage en revue des boissons alcoolisées africaines qui peuvent s’avérer très dangereuses pour la santé.

  • Lotoko 

Le Lotoko, largement répandu en République démocratique du Congo (RDC), est obtenu à partir de la fermentation de maïs ou de manioc. Généralement distillé avec des alambics artisanaux fabriqués à partir de barils de pétrole, son taux d’alcool dépasse les 50%. En raison des écorces présentes sur les épis de maïs, le Lotoko contient du méthanol, un composé chimique hautement toxique. Officiellement interdit par les autorités, il est en réalité consommé quotidiennement, sans aucun problème, par des milliers de Congolais.

  • Supu na tolo

Le "Supu na tolo", littéralement "Soupe sur la poitrine" en lingala, est un autre alcool en vogue en RDC. Sorte de liqueur proche du whisky, son taux d’alcool avoisine les 45%. Le "Supu na tolo" aurait notamment des vertus aphrodisiaques. Il est vendu dans des petites bouteilles ou sachets en plastique de moins de 200 ml, pour une modique somme allant de 100 à 700 francs congolais (de 10 à 70 centimes d’euros). Prisé des jeunes Kinois, on le trouve aisément dans les échoppes de la capitale.

  • Koutoukou et Legmi

Le Koutoukou est une eau-de-vie artisanale consommée en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest. Elle est obtenue grâce à la distillation de bourgeons de feuilles de palmiers, comme le palmier à huile, le raphia ou le rônier.

Plus généralement, le vin de palme est en vogue dans de nombreux pays africains. Il est fabriqué à partir de la fermentation naturelle de sève de palmier. Il est connu sous différents noms selon les régions : "Legmi" dans le sud de la Tunisie ou de l’Algérie, "Sodabi" au Bénin ou au Togo, "Seung" au Sénégal… La qualité du vin de palme est très variable, pouvant aller d’un alcool frelaté, distillé avec toute sorte de produits toxiques, à un alcool fermenté naturellement dépourvu de composés nocifs pour la santé.

  • Chang’aa

Le Chang’aa est un alcool populaire au Kenya. Il est produit à partir de millet, de sorgho ou de maïs. On y ajoute souvent, pour accélérer le processus de fermentation, du méthanol, du carburant ou même de l’acide sulfurique. Les autorités kényanes ont légalisé le Chang’aa, espérant mieux encadrer sa production, mais le brassage illégal reste très répandu.  En 2010, plus de 100 décès liés à son absorption ont été recensés, sans compter les nombreux cas de cécité causés par le méthanol.

  • Tchapalo

Le Tchapalo (ou Dolo, en Afrique sahélienne) est une bière traditionnelle consommée en Afrique de l’Ouest. Souvent bue dans des calebasses, elle est obtenue par la fermentation de mil ou de sorgho rouge germés et cuits dans l’eau. Là-aussi, sa qualité dépend largement des conditions de fabrication, plus moins artisanales et respectueuses des normes sanitaires de base.

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Benjamin Roger

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