Politique

Tunisie : fin de la troïka, début du dialogue national ?

Le secrétaire général de l'UGTT, Houcine Abassi. © AFP

Les quatre organisations phares de la société civile tunisienne - UGTT, Utica, LTDH et Ordre des avocats - ont soumis, le 17 septembre, une feuille de route à l'approbation des différents partis, afin d'achever la dernière étape de la transition démocratique. Un tournant dans la vie politique du pays, qui augure de la fin de la troïka au pouvoir depuis 2011.

C’est une mini-révolution dans la révolution. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le patronat représenté par l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et l’Ordre des avocats ont soumis, le 17 septembre, après concertations, une feuille de route à l’approbation des différents partis afin d’entamer, avec des objectifs précis et plus d’apaisement, la dernière étape de la transition.

Depuis près d’un an, la puissante centrale syndicale tente de peser sur la relance politique et économique du pays face aux défaillances du gouvernement. Les différentes initiatives de dialogue national ayant échoué faute de consensus, la centrale se fait donc force de proposition pour sortir la Tunisie d’un bourbier politique et économique. Et après des semaines de tergiversations, les partis au pouvoir, essentiellement Ennahdha et le Congrès pour la République du président Moncef Marzouki (CPR), ont fini par accepter le principe d’un dialogue national et reconnu implicitement l’échec et la fin de la troïka qui dirigeait le pays depuis les élections d’octobre 2011.

Points non négociables

Parmi les points non négociables de la feuille de route du quartet, en préalable à l’ouverture du dialogue national, figurent la démission du gouvernement d’Ali Larayedh dans les trois semaines, son remplacement par une équipe restreinte de techniciens compétents, dirigée par une personnalité indépendante, ainsi que la reprise des travaux de l’Assemblée nationale constituante (ANC). L’équipe de "compétences nationales" – qui s’assurera également que ses membres soient indépendants et qu’ils ne se présenteront pas aux élections – se chargera alors, en relation avec la classe politique, de former un nouveau gouvernement qui aura les plus larges prérogatives pour gérer le pays.

Quant à l’ANC, elle devra s’engager à finaliser la Constitution d’ici le 23 octobre, veiller à la mise en place de l’Instance indépendante des élections (Isie) et élaborer un code électoral dans les quinze jours. Elle n’aura que peu de droit de regard sur les activités du gouvernement et pourra difficilement user des motions de censure.

La feuille de route clôt le processus de transition par l’obligation d’établir un calendrier pour les élections présidentielles et législatives. Tout ce programme, à mettre en oeuvre de manière urgente au vu de la paralysie du pays, devrait être encadré et arbitré de bout en bout par le quartet UGTT, Utica, LTDH et Ordre des avocats.

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Par Frida dahmani, à Tunis

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