Justice

Ouverture du procès de Seif el-Islam et de proches de Kadhafi à Tripoli

| Par Jeune Afrique
Seif al-Islam, fils de l'ancien dictateur Mouammar Kaddafi, au tribunal de Zenten, le 2 mai 2013.

Seif al-Islam, fils de l'ancien dictateur Mouammar Kaddafi, au tribunal de Zenten, le 2 mai 2013. © AFP

Le fils de Mouammar Kadhafi, Seif el-Islam, et plusieurs de ses proches collaborateurs, comme Abdallah Senoussi ou Al-Baghdadi al-Mahmoudi, sont appelés à comparaître ce jeudi à Tripoli, dans le cadre d’une affaire liée à la répression de la révolte de 2011.

Mis à jour à 11h45.

Les piliers de l’ex-régime de Mouammar Kadhafi se retrouveront, jeudi 19 septembre, dans le box des accusés d’un tribunal de Tripoli, dont le lieu était tenu secret jusqu’à la mi-journée. Seif el-Islam, fils de l’ancien Guide, l’ex-chef de renseignements Abdallah Senoussi ou encore l’ancien Premier ministre al-Baghdadi al-Mahmoudi sont parmi les quelque 30 personnes impliquées dans cette affaire qui devrait déboucher sur le procès le plus important dans l’histoire du pays.

Au moins 11 chef d’accusations ont été retenus contre ces responsables, dont assassinats, pillage et sabotage, actes portant atteinte à l’union nationale, trafic de drogue, complicité dans l’incitation au viol, d’enlèvement et dilapidation des deniers publics. La chambre d’accusation a le pouvoir de rejeter les accusations, de les accepter ou de demander des compléments d’enquête. Ce processus pourrait prendre de un à plusieurs mois.

L’incertitude demeure encore sur le transfert à Tripoli de Seif el-Islam, détenu à Zenten (ouest) par des ex-rebelles depuis son arrestation dans le sud du pays en novembre 2011. Le procureur général libyen a annoncé mercredi soir avoir ordonné son transfert. "Nous avons adressé un ordre de transfert aux établissements pénitenciers concernés pour nous transférer les personnes impliquées dans l’affaire N°630, y compris Seif el-Islam", a déclaré Abdelkader Radouane lors d’un point presse. "Jusqu’à maintenant il n’y a pas d’obstacles à son transfert", a-t-il ajouté.

Doutes sur la présence de Seif el-Islam

Seif al-Islam, successeur officieux de son père, également accusé d’avoir porté atteinte à la sécurité nationale, a comparu jeudi matin devant un tribunal de Zenten (ouest). "Seif el-Islam Kadhafi a comparu devant le tribunal pénal de Zenten qui a décidé d’ajourner l’audience au 12 décembre pour permettre la présence d’autres accusés", a indiqué un avocat sur place.

Selon une source proche du dossier, des négociations ont eu lieu mercredi concernant l’éventuel transfert de Seif el-Islam pour quelques heures à Tripoli. "Ceci dépendra notamment des conditions de sécurité", a indiqué cette source sous couvert de l’anonymat.

En tout, 40 000 documents et 4 000 pages d’interrogatoires devraient être soumis jeudi à la chambre d’accusation du tribunal. La chambre doit se réunir en présence des accusés, de leurs avocats, et des familles des victimes qui se sont constitués partie civile, a précisé le bureau du procureur général. L’audience sera fermée au public et à la presse, conformément à la loi libyenne.

Recherchés par la CPI

Cette procédure judiciaire est vue par certains observateurs étrangers comme un acte de défiance de Tripoli à l’égard de la Cour pénale internationale (CPI). Seif el-Islam et Abdallahh Senoussi font en effet l’objet de mandats d’arrêt internationaux de la CPI, qui les soupçonne de crimes contre l’humanité lors de la répression de la révolte populaire de 2011.

Fin mai, la CPI avait débouté les autorités libyennes de leur demande de juger devant les tribunaux libyens Seif el-Islam, en raison des doutes sur leur capacité à lui garantir un procès juste et équitable. La Libye a fait appel de cette décision.

Dans un communiqué, l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty international a appelé mercredi les autorités libyennes à remettre Abdallah Senoussi et Seif el-Islam à la CPI. "L’organisation craint que Saif el-Islam Kadhafi soit maintenu en détention secrète par une brigade armée à Zenten, sans accès à un avocat", explique l’organisation qui affirme avoir rendu visite à Seif el-Islam le 9 septembre, sans pouvoir s’entretenir avec lui en privé ni visiter son lieu de détention.

(Avec AFP)

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