BTP & Infrastructures

Nigeria : Dangote veut construire la plus grande raffinerie de pétrole d’Afrique

Les importations de pétrole coûtent environ 8 milliards de dollars, chaque année, au Nigeria. DR ©

Après l'annonce d'un investissement de 1,5 milliard de dollars dans la production de canne à sucre au Nigeria, Aliko Dangote récidive. Son idée : construire la plus grande raffinerie de pétrole d'Afrique, pour un total de 9 milliards de dollars.

L’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote a annoncé la signature d’un prêt bancaire de 3,3 milliards de dollars destiné à financer la construction d’une raffinerie de pétrole au Nigeria. Le projet, d’un montant total de 9 milliards de dollars, dont 3 milliards financés en fonds propres par Dangote Industries, comprend, outre la raffinerie, la construction d’usines d’engrais et de prétrochimie.

Interrogé par la BBC, Aliko Dangote – par ailleurs, l’homme le plus riche d’Afrique avec une fortune estimée à plus de 16 milliards de dollars – indique que cette raffinerie devrait être la plus grande d’Afrique et qu’elle sera opérationnelle en 2016, avec une capacité de production de 400 000 barils par jour (bpj).

Lire aussi :

Nigeria : Dangote Sugar veut investir 1,5 milliard de dollars dans la canne à sucre
Raffinage : la lune de miel avec la Chine est-elle terminée ?
Algérie : le Nigérian Dangote renonce à son projet de raffinerie
Raffinage : des projets illusoires sans engagement de l’État

Défaillances et sabotages

Les autorités nigérianes ont accéléré leurs efforts en vue de favoriser le raffinage du pétrole dans le pays. En effet, selon les données de l’Agence américaine de l’énergie, bien que le premier producteur africain de pétrole exporte plus de 2 millions de bpj de brut chaque année, les produits pétroliers ne représentent que 13% de la consommation d’énergie du pays, composée essentiellement de biomasse et de résidus forestiers.

En théorie, le Nigeria pourrait être autosuffisant en matière de produits pétroliers. La consommation de pétrole y est d’environ 300 000 bpj et le pays compte quatre raffineries (Port Harcourt I et II, Warri et Kaduna) d’une capacité totale d’environ 445 000 bpj. Dans les faits, la vétusté de ces installations, les défaillances opérationnelles et les sabotages expliquent que ces raffineries ne fonctionnent qu’à seulement 20 à 25% de leurs capacités. En 2009, le Nigeria a dû importer jusqu’à 85% de ses besoins en carburant.

Un premier projet abandonné

Toutefois, comme le rappelle le quotidien britannique The Financial Times, ce n’est pas la première fois qu’un tel projet est annoncé au Nigeria. En 2010, la Chine s’était engagée à financer la construction de plusieurs raffineries et installations pétrolières. Le projet d’un montant de 23 milliards de dollars aurait dû voir le jour avant 2015 et permettre le raffinage de 750 000 bpj. L’initiative est restée lettre morte.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte