Politique

Jean-Yves Le Drian : « Les forces françaises resteront au Mali le temps qu’il faudra »

Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, en visite au nord du Mali en mars 2013. © Arnaud Roine / AFP

À l’occasion de la fête nationale, le 22 septembre, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a passé trois jours au Mali pour prendre part aux festivités. À Bamako, il a rencontré son homologue Soumeylou Boubèye Maiga ainsi que le président Ibrahim Boubacar Keita (IBK), avant d’aller s’entretenir avec les responsables de l’opération Serval à Gao. Interview.

Jeune Afrique : Vous avez participé à la première fête de l’Indépendance du Mali après 18 mois de crise. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

Jean-Yves Le Drian : Je rentre à paris avec l’image d’un Mali pacifié, qui croit à son avenir, qui a envie de se reconstruire et qui a envie de faire en sorte que la volonté collective s’affirme. Un pays qui a encore devant lui beaucoup de défis à relever. Le défi sécuritaire qui n’est pas tout à fait réglé et qui ne pourra trouver une solution définitive que grâce à une armée malienne reconstituée ; le défi du développement ; le défi de la démocratie, avec la nécessité de la réconciliation… Mais le plus important, c’est que le pays reprend confiance en lui.

Ce 22 septembre, vous avez assisté au défilé de l’armée malienne. Comment la percevez-vous ?

Je trouvais que ce défilé, quand on sait tout ce qui s’est passé avant, avait de la tenue et qu’il était anticipateur de ce que pourra être demain une armée malienne bien constituée.

Devant les troupes à Gao, vous avez affirmé que Serval resterait au Mali pour aider l’armée malienne à se reconstituer…

L’armée française est présente dans la mission européenne de formation de l’armée au Mali (EUTM), à Koulikoro. Nous en sommes maintenant à l’encadrement du 3e bataillon, qui va commencer sa préparation bientôt. La France a une centaine d’instructeur sur place et organise sur le terrain des opérations communes, dans les zones les plus sensibles. C’est le cas à Gao, où il y a des patrouilles mixtes qui fonctionnent. À Kidal, un Détachement de liaison et d’appui (DLA) accompagne les forces maliennes et la Minusma pour les seconder dans leurs actions.

>> Lire aussi notre reportage : Opération Dragon, ou la traque des jihadistes dans le Tilemsi

En 2014, il y aura ce que vous appelez Serval III : 1 000 soldats français resteront au Mali aux côtés de la Minusma et de l’armée malienne. Comment cela va-t-il se passer ?

Cette opération est en train de se mettre en place, elle sera en grande partie focalisée sur Gao et ses forces viendront en soutien à la Minusma et à l’armée malienne quand on leur demandera. Elles resteront là le temps qu’il faudra.

Serval ne serait pas la première opération française en Afrique à rester en permanence après avoir été déployée pour un temps assez court. N’est-ce pas le contraire de ce que vous aviez dit au début de l’année, à savoir que l’armée française n’avait pas vocation à rester définitivement au Mali ?

L’avenir de Serval au Mali dépend de la formation de l’armée malienne. Il faut que l’armée malienne se structure, devienne une armée forte, efficace et capable d’assurer la sécurité du pays. La présence française ne sera pas éternelle, mais elle est là pour assurer la sécurité pendant le temps de la formation de l’armée malienne

Le Mali rentrera bientôt dans une nouvelle phase de négociations avec les groupes armés du nord, et une réconciliation nationale doit s’opérer. Quel rôle la France va-elle jouer dans ce processus ?

Il y a déjà eu les accords de Ouagadougou [le 18 juin dernier, NDLR], qui fixent les orientations, les possibilités de compromis. Maintenant il importe au président nouvellement élu de lancer des initiatives pour renforcer l’unité nationale. Il n’y a qu’un Mali et pour cela il faut que chacun trouve sa place. Et ça c’est le rôle du principal responsable politique du pays. La France a montré son soutien et elle va continuer dans ce sens.

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Propos recueillis par Baba Ahmed, à Gao

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