Politique

Dialogue national en Tunisie : vers une cohabitation Nida Tounès – Ennahdha ?

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Béji Caïd Essebsi (Nida Tounès) et Rached Ghannouchi (Ennahdha).

Béji Caïd Essebsi (Nida Tounès) et Rached Ghannouchi (Ennahdha). © AFP/Montage J.A.

Avec un dialogue national auquel n’adhère pas la troïka dirigeante, la sortie de crise politique en Tunisie est une nouvelle fois dans l’impasse. À ce stade, la seule solution qui émerge est celle d’une cohabitation au pouvoir entre Nida Tounès de Béji Caïd Essebsi et Ennahdha de Rached Ghannouchi.

Le dialogue national est, une nouvelle fois, dans l’impasse. Proposée  par les instances majeures de la société civile, telles l’Union générale du travail tunisien (UGTT), l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), l’Ordre des avocats, la nouvelle feuille de route de sortie de crise n’a en fait pas été acceptée en totalité par Ennahdha. Le parti islamiste, majoritaire à l’Assemblée, ne la considère que comme une base de discussion.

Mais un autre scénario s’esquisse en coulisses. Nabil Karoui, patron de Nessma TV, a révélé que le représentant spécial de l’Union européenne (UE) pour la région du sud de la Méditerranée, Bernardino Leon, a confirmé le soutien de l’UE pour une solution de cohabitation entre Nida Tounès et Ennahdha. Cette orientation a également obtenu l’appui d’Alger, comme le laissait entendre les rencontres récentes de Béji Caïed Essebsi, fondateur de Nida Tounès, et Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika.

Essebsi président ?

Les négociations tournent autour des conditions de cette gouvernance provisoire devant conduire à des élections. Ennahdha demande une loi d’amnistie sauf pour les crimes de sang ainsi qu’une campagne de réconciliation nationale. Le parti islamiste accepterait la désignation de Béji Caïd Essebsi comme nouveau président de la République, en lui accordant des prérogatives plus larges et plus équilibrées que celles données à l’actuel président, mais souhaiterait que le chef du gouvernement soit désigné par ses soins alors que l’ensemble des portefeuilles seraient confiés à des "compétences nationales" ou des technocrates.

"Cette configuration permettrait de pacifier la Tunisie et de rétablir la confiance pour financer cette étape. L’UE est disposée à mettre 10 milliards de dollars pour soutenir un accord gagnant-gagnant permettant à tous de trouver les moyens et le temps de s’entendre", précise Nabil Karoui que certains pressentent comme chef du gouvernement et d’autres comme bras droit de Béji Caïd Essebsi à Carthage.

Confiance

Mais l’homme qui fait le relais entre les islamistes et Nida Tounès confie que Béji Caïed Essebsi, qui aurait là l’occasion de jouer un rôle historique, a des réticences malgré toutes les recommandations internationales. Il estime les garanties proposées par Ennahdha sont insuffisantes pour s’engager sur un accord.

Si l’ancien Premier ministre a réussi avec son équipe à maintenir le pays à flots et à le porter jusqu’aux élections de 2011, il est conscient que la dégradation de la situation politico économique est telle qu’il faudrait un attelage très puissant pour donner l’électrochoc capable de remettre le pays sur les rails.

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Par Frida Dahmani, à Tunis

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