Politique

Kenya : au moins « un ou deux » terroristes toujours retranchés dans le centre commercial

| Par Jeune Afrique
L’attaque a fait au moins 62 morts.

L'attaque a fait au moins 62 morts. © AFP/Tony Karumba

Les assauts menés, lundi 23 septembre, par les forces spéciales kényanes ne leur ont pas permis de venir à bout du commando à l’origine de l’attaque contre le centre commercial Westgate de Nairobi. Mardi matin, « un ou deux » assaillants islamistes étaient toujours retranchés dans l’un des étages supérieurs du bâtiment, selon les autorités.

Mis à jour le 24/09 à 9h25

La situation à l’intérieur du centre commercial Westgate restait très confuse, mardi 24 septembre au petit matin, trois jours après l’attaque lancée par un commando armé shebab. Les forces spéciales kényanes combattaient toujours "un ou deux" assaillants islamistes toujours retranchés dans l’un des étages supérieurs du bâtiment, selon les autorités kényanes, qui assurent également que trois assaillants sont morts lundi. Mais le sort des autres membres du groupe reste pour l’heure inconnu.

Des échanges nourris d’armes automatiques ont retenti vers 09h30 (06h30 GMT) dans ou autour du centre commercial, a constaté un journaliste de l’AFP. "Les tirs ont duré environ cinq minutes avant de s’interrompre, et provenaient probablement du Westgate, sans certitude absolue qu’ils soient localisés à l’intérieur du bâtiment car la presse est tenue à l’écart par les forces de sécurité kényanes", a ajouté le journaliste de l’AFP sur place. Aucune explosion n’était audible.

Des tirs et des explosions avaient déjà retenti à l’aube dans le bâtiment.

>> Lire aussi : "Amisom : le prix à payer pour sauver la Somalie des Shebab"

Lundi soir, le ministère de l’Intérieur avait pourtant affirmé avoir repris le contrôle du centre. "Nous contrôlons le Westgate", avait déclaré peu avant minuit le ministère sur son compte Twitter. "Nos forces passent au peigne fin un étage après l’autre, à la recherche des personnes qui auraient été oubliées", a ajouté le ministère. "Nous pensons que tous les otages ont été libérés".

Un peu plus tôt, le porte-parole du gouvernement, Manoah Esipisu, avait affirmé que les forces spéciales kényanes ne rencontraient plus aucune "résistance" dans le bâtiment. Mais des échanges de tirs nourris se sont encore fait entendre mardi matin.

Sans dout un nouvel assaut, après ceux qui ont été lancés pour tenter de venir à bout du commando. Lundi à la mi-journée, de fortes explosions et des "tirs nourris" ont eu lieu dans le Westgate, avant que d’épais nuages de fumée noire se s’en échappent. Les assaillants "ont brûlé des matelas pour faire diversion, ils ont essayé de s’échapper", a de son côté déclaré le chef de l’armée kényane, le général Julius Waweru Karangi.

Agents israéliens

L’assaut  à la grenade et à l’arme automatique mené samedi par un groupe armé liés aux insurgés islamistes somaliens shebab a fait au moins 62 morts, presque autant de disparus et près de 200 blessées. Selon une source sécuritaire, des agents israéliens sont intervenus aux côtés des forces kényanes pour tenter de secourir les personnes encore prises au piège. Dimanche en fin de journée, le président kényan Uhuru Kenyatta avait aussi indiqué avoir reçu des offres d’aide de plusieurs "pays amis", tout en assurant que l’opération restait pour l’instant une "opération kényane".

La ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, a confirmé sur la chaîne de télévision américaine PBS la présence au sein de ce commando armé de deux ou trois Américains et d’une Britannique. La ministre a indiqué que cette Britannique avait déjà commis des actes terroristes similaires "à de nombreuses reprises". La police kényane avait affirmé plus tôt lundi étudier les informations selon lesquelles la Britannique Samantha Lewthwaite, veuve d’un des kamikazes des attentats du 7 juillet 2005 à Londres, serait "impliquée".

En ce qui concerne les Américains, a précisé la ministre, ce sont "de jeunes hommes, entre 18 et 19 ans (…) d’origine somalienne ou arabe, mais qui vivaient aux États-Unis, dans le Minnesota et dans un autre endroit". Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 10 suspects ont été arrêtés "pour interrogatoire", sans plus de détail.

Au moment de l’attaque, ce centre commercial de luxe ouvert en 2007, détenu en partie par des Israéliens, était bondé de Kényans et d’expatriés. Dans une capitale connue comme le "hub" de l’Afrique de l’Est, le Westgate était régulièrement cité par les sociétés de sécurité comme une cible possible de groupes liés à Al-Qaïda comme les Shebab.

Kofi Awoonor parmi les victimes

Plusieurs étrangers, dont deux Françaises, six Britanniques, un Sud-Africain, une Sud-Coréenne, une Néerlandaise, un Péruvien, deux Indiens et deux Canadiens ont été tués dans l’attaque, ainsi qu’un célèbre poète et homme d’État ghanéen, Kofi Awoonor. Âgé de 78 ans, il a été tué alors qu’il faisait du shopping avec son fils dans le centre, a précisé le secrétaire d’État à l’Information ghanéen Felix Kwakye Ofosu. Le fils a été blessé mais n’est plus à l’hôpital.

Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier à Nairobi depuis une attaque suicide d’Al-Qaïda en août 1998 contre l’ambassade des États-Unis, qui avait fait plus de 200 morts. Alors que la classe politique kényane a appelé à l’unité face à la crise, le vice-président William Ruto a obtenu de la Cour pénale internationale (CPI) de pouvoir rentrer dans son pays pour gérer la situation. Il comparaît depuis le 10 septembre à La Haye pour son rôle présumé dans les violences politico-ethniques qui avaient suivi les élections kényanes de fin 2007 et avaient fait plus de 1 000 morts.

(Avec AFP)

 

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