Diplomatie

La Syrie, l’Iran et l’Afrique au coeur des préoccupations de l’Assemblée générale de l’ONU

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Siège de l’ONU à New York.

Siège de l'ONU à New York. © AFP

Dix jours durant, à partir du 24 septembre, plus de 130 chefs d’État et de gouvernement vont se succéder à la tribune des Nations unies, à New-York. Au centre de cette grand-messe de la diplomatie mondiale : le dossier du nucléaire iranien et les crises en Syrie, au Sahel, en Centrafrique et en RDC.

Deux dossiers proche-orientaux et trois ou quatre africains… Le programme de la grand-messe annuelle de l’ONU à New-York est bien garni. Premier sujet sur la table des diplomates, à l’occasion de l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies, ce 24 septembre : le nucléaire iranien, avec la présence du nouveau président Hassan Rohani, investi le mois dernier. Celui-ci passe pour un modéré qui a adopté un ton conciliant contrastant avec celui de son prédécesseur, l’ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad, connu pour ses tirades anti-occidentales et hostiles à Israël.

Lundi, Téhéran a d’ailleurs annoncé être prêt à discuter du dossier nucléaire, et une éventuelle rencontre historique entre Barack Obama et Rohani est en question. Seule certitude : ce dernier rencontrera François Hollande tandis que le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, participera à une réunion avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif.

Résolution sur la Syrie

Second dossier brûlant : la Syrie, alors qu’un accord américano-russe prévoit la mise sous contrôle international de l’arsenal chimique du régime de Bachar al-Assad et que le conflit a déjà fait quelque 100 000 morts selon l’ONU. Lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé possible qu’une résolution de l’ONU sur ce sujet aboutisse dès cette semaine, malgré de fortes objections de Moscou.

Puis, ce seront surtout les dossiers africains qui retiendront l’attention des diplomates. Obama a prévu d’aborder dans son discours la situation dans le monde arabo-musulman alors que les pays du Printemps arabe peinent à se stabiliser, entre reprise en main par l’armée en Égypte et violences sporadiques en Tunisie, ou en Libye.

Les sujets du terrorisme et de l’islamisme radical sur le continent seront étudiés de près, en pleine actualité avec l’attaque – toujours en cours mardi matin – par des terroristes shebab d’un centre commercial de Nairobi, qui a déjà fait au moins 62 morts. La question de la stabilisation du Sahel, après l’intervention franco-africaine au Mali, sera également l’occasion d’échanger pour dynamiser la coopération africaine sur ce dossier transversal.

Enfin, deux pays d’Afrique centrale seront au centre des attentions de la communauté internationale. D’abord la Centrafrique, avec la diplomatie française en première ligne. Il s’agit-là d’une "crise pour laquelle il est absolument urgent d’agir. Il faut avancer sur la résolution des Nations Unis car nous devons en République centrafricaine faire face à une situation humanitaire et sécuritaire extrêmement grave", a déclaré Laurent Fabius, lundi. "Il ne faut pas laisser cette situation "dégénérer" et aboutir "(…) à un État qui n’aurait plus d’État que le nom et qui, par contagion, entraînerait une situation extrêmement difficile pour l’ensemble de la région", a-t-il encore souligné.

Soutien financier

Fabius présidera mercredi, en marge de l’Assemblée générale, une réunion consacrée à la Centrafrique. Objectif ? "Nous voulons faire passer le message selon lequel il est impératif de renforcer la Misca" (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), a martelé le chef de la diplomatie française. Cette force de paix de l’Union africaine pourrait compter à terme 3 600 hommes, intégrant la force régionale de 1 100 soldats déjà présente sur le terrain. Mais elle a peu de chance d’être opérationnelle d’ici l’an prochain, sauf si l’UA obtient le soutien financier, logistique et technique demandé aux Nations unies.

Dernier dossier africain d’importance : la crise en RDC et la situation sécuritaire dans le Kivu. Le Rwanda, accusé de soutenir le groupe rebelle du Mouvement du 23-Mars (ce qu’il dément) devrait subir la pression des Occidentaux. Avec la volonté de faire aboutir les négociations de paix au point mort à Kampala entre le M23 et Kinshasa, et de faire appliquer les engagements de l’accord-cadre d’Addis-Abeba de février. Au premier rang desquels la promesse de "ne pas interférer dans les affaires intérieures des pays voisins"…

(Avec AFP)

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