Politique

Otages, terroristes, Twitter… les zones d’ombres de l’attaque de Nairobi

De la fumée noire s'échappe du toit du centre commercial Westgate, à Nairobi. © AFP

L'attaque du commando Shebab contre le centre commercial de Nairobi terminée, l'heure est désormais au bilan et aux questions. Du nombre exact d'otages tués à l'identité des terroristes en passant par leur communication sur Twitter, de nombreuses zones d'ombres subsistent.

  • Le sort des otages

Mardi soir, lors de son discours à la télévision nationale annonçant la fin du siège du Westgate Mall, le président kényan Uhuru Kenyatta a indiqué que 61 civils avaient été tués. Ce bilan provisoire va très probablement être revu à la hausse. Trois étages supérieurs du bâtiment se sont effondrés lors de l’intervention des forces de sécurité kényanes et de nombreux corps pourraient encore être enfouis sous les décombres. Officiellement, une soixantaine de personnes sont toujours portées disparues.

Mardi matin, alors que l’assaut était en cours, les Shebab indiquaient sur leur compte Twitter que des otages étaient "toujours vivants", sans préciser leur nombre. Vingt-quatre heures plus tard, les insurgés islamistes somaliens affirmaient que "137 otages" avaient péri dans l’assaut, accusant les forces kényanes d’avoir utilisé "des gaz chimiques" pour mettre fin au siège et d’avoir "provoqué l’effondrement du bâtiment, enterrant les preuves et tous les otages sous les décombres".

>> Lire aussi : Le suivi en direct de la dernière journée d’assaut au Westgate Mall de Nairobi

  • L’identité des terroristes

D’après Uhuru Kenyatta, cinq terroristes ont été abattus par balles et onze suspects présumés arrêtés. Pendant le siège, des informations faisant état de la présence de ressortissants américains et européens dans le commando shebab ont rapidement été relayées dans les médias du monde entier. Mercredi matin, le Foreign office britannique confirmait qu’"une personne de nationalité britannique" était détenue à Nairobi.

L’ombre de la Britannique Samantha Lewthwaite a notamment plané sur l’attaque. Surnommée la "veuve blanche", cette ancienne épouse d’un des kamikazes des attentats du 7 juillet 2005 à Londres aurait, selon certains, dirigé l’attaque. Plusieurs experts en terrorisme se sont montrés circonspects sur cette hypothèse. Sur leur compte Twitter, les Shebab ont quant à eux "catégoriquement démenti l’implication d’une femme" dans l’attaque, ajoutant : "nous avons un nombre suffisant de jeunes hommes totalement dévoués et nous n’employons pas nos sœurs dans pareilles opérations militaires".

Durant les opérations, les dirigeants kényans ont fait plusieurs déclarations contradictoires sur le sujet. Le ministre de l’Intérieur, Joseph Ole Lenku, avait démenti lundi matin la présence de femmes dans le commando de Westgate. Le soir même, son homologue des Affaires étrangères, Amina Mohamed, affirmait sur une chaîne de télévision américaine qu’une Britannique faisait bien partie de l’équipe d’assaillants, sans fournir plus de précisions. Enfin, mardi soir, Uhuru Kenyatta indiquait que investigation sur l’implication de "citoyens américains" et d’une "femme britannique" étaient en cours.

  • La préparation de l’attaque

L’attaque du centre commercial Westgate Mall aura duré plus de trois jours. Une éternité dans ce genre de cas. Comment cette quinzaine de terroristes ont-ils pu contenir l’assaut des militaires et des forces spéciales pendant si longtemps ? Outre la complexe configuration architecturale du bâtiment – offrant des dizaines de caches – et la délicate gestion des otages, les assaillants n’ont visiblement pas été à cours de munitions.

D’après les confidences de sources gouvernementales recueillies par la correspondante du Financial Times en Afrique de l’Est,  les membres du commando auraient loué une boutique à l’avance pour y stocker armes, équipements et munitions.

  • La communication des Shebab sur Twitter

C’est sur Twitter que Shebab ont revendiqué l’attaque contre le Westgate Mall de Nairobi. Tout au long de l’assaut, les insurgés islamistes somaliens ont régulièrement tweeté, se livrant à une véritable bataille de communication avec les officiels kényans.

Leur compte, déjà fermé auparavant pour apologie du terrorisme et incitation à la violence, a été à plusieurs fois suspendu par les responsables de Twitter pendant l’attaque du centre commercial. Peine perdue car, à chaque fois, les Shebab en relançaient un sous un nouveau pseudonyme. Plusieurs comptes se réclamant des islamistes somaliens se sont ainsi fait remarquer, même si beaucoup se sont avérés être des faux.

Le dernier compte reconnu comme celui des Shebab, @HSM_PR, était toujours actif mercredi matin. Voici son dernier tweet.

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Benjamin Roger

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