Politique

La CPI a délivré un mandat d’arrêt contre un journaliste kényan

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La Gambienne Fatou Bensouda, procureure de la CPI.

La Gambienne Fatou Bensouda, procureure de la CPI. © AFP

La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé mercredi avoir délivré un mandat d’arrêt contre le journaliste kényan Walter Osapiri Barasa, soupçonné d’avoir tenté de soudoyer les témoins à charge dans les affaires Ruto et Kenyatta, à La Haye. Des accusations que le suspect rejette en bloc.

Délivré sous scellé depuis deux mois, le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre un journaliste kényan vient d’être rendu public. Dans un communiqué publié le 2 octobre sur son site, la CPI suspecte Walter Osapiri Barasa, 41 ans, d’avoir "commis plusieurs atteintes à l’administration de la justice consistant en la subornation ou la tentative de subornation de témoins de la Cour". Une première dans l’histoire de la juridiction pénale internationale qui n’avait poursuivi jusqu’ici que les auteurs présumés des crimes graves (crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide).

La CPI dit avoir des "motifs raisonnables" de croire que Water Barasa a proposé de payer les témoins à charge dans les affaires concernant le Kenya pour qu’ils renoncent à coopérer avec la Cour. "Le suspect aurait agi, jusqu’à tout récemment, dans la poursuite d’un projet criminel conçu par un cercle de membres de l’administration kényane", affirme Cuno Tarfusser, juge unique de la chambre préliminaire II de la CPI, se référant aux "éléments de preuve présentés par le Procureur".

Selon des médias qui ont pu contacter le suspect quelques jours avant la publication du mandat d’arrêt, l’ancien journaliste de Daily Nation se dit "serein", car il s’estime "innocent". Il rejette toutes les allégations selon lesquelles il aurait contacté le témoin 536 qui a récemment fait sa déposition contre le vice-président kényan, William Ruto, devant la Cour.

>> Lire aussi : CPI : et le premier témoin contre William Ruto s’appelle…

En attendant, la CPI demande au Kenya de "procéder à l’arrestation de Walter Osapiri Barasa pour garantir qu’il comparaisse, qu’il ne fasse pas obstacle à l’enquête ou à la procédure ni n’en compromette le déroulement et qu’il ne poursuive pas l’exécution des actes qui lui sont reprochés". Début septembre pourtant, les députés kényans avaient adopté une motion demandant le retrait de leur pays du Statut de Rome, instituant la CPI. Il n’est donc pas exclu que le Kenya réserve une fin de non-recevoir à la nouvelle requête de la Cour.

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Par Trésor Kibangula

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