Politique

Sidya Touré : « Nous n’apportons plus notre caution au comptage des voix » des législatives en Guinée

L’opposition guinéenne a annoncé, jeudi, le retrait de ses représentants de la Commission nationale de centralisation des votes du scrutin législatif du 28 septembre. Son porte-parole, Sidya Touré, explique à Jeune Afrique les raisons de cette décision. Interview.

Mis à jour le 3 octobre 2013 à 19:02

Sydia Touré, président de l’Union des forces républicaines (UFR). © AFP

Plus les jours passent, plus la tension monte en Guinée. Et la publication au compte-gouttes des résultats des législatives du 28 septembre ne sont pas de nature à apaiser les esprits. Au contraire. Après l’annonce des résultats dans deux villes situées au nord de Conakry, l’opposition a décidé, le 3 octobre, de retirer ses délégués de la commission nationale de centralisation des votes. Sidya Touré, président de l’Union des forces républicaines (UFR) et porte-parole de l’opposition, revient sur les motivations de cette décision.

Jeune Afrique : Pourquoi l’opposition a-t-elle décidé de se retirer du processus de comptage des voix ?

Sidya Touré : Nos délégués dans la commission nationale de centralisation des votes ne sont considérés que comme de simples observateurs. Durant les travaux, on les empêche de faire prévaloir notre opinion sur le déroulement du comptage des voix. Il ne sert donc à rien de continuer à siéger dans une structure qui ne nous permet pas d’émettre notre point de vue.

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Ce retrait marque-t-il la fin de votre participation au processus électoral ?

L’opposition ne se reconnaît pas dans les résultats qui sont en train d’être publiés.

Pour l’instant, non. Mais, nous ne sommes plus comptables et n’apportons plus notre caution au comptage des voix. Nous ne nous reconnaissons pas dans les résultats qui sont en train d’être publiés. Des résultats faux qui ont donné le RPG [Rassemblement du peuple de Guinée, parti au pouvoir, NDRL] vainqueur notamment dans la circonscription de Fria où le taux de chômage est exponentiel. Personne n’a pu voter pour le parti d’Alpha Condé dans cette partie du territoire national. C’est l’opposition qui l’a largement emporté là-bas.

Nous allons tenir un point de presse demain [le 4 octobre, NDRL] à 11 heures (locales) à Conakry pour annoncer si nous maintenons, ou non, notre participation à ce processus électoral.

En attendant, la médiation vous a-t-elle contacté pour remédier à ce nouveau couac ?

En Guinée, il ne s’agit pas d’une médiation de certification des résultats. Elle ne peut rien faire dans ce cas. Nous avons tout de même pris à témoin la médiation de l’Union européenne sur place.

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Propos recueillis par Trésor Kibangula