Droits de l’homme

Baiser de Nador : la Toile marocaine se mobilise pour la « libération de l’amour »

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Depuis l'arrestation des adolescents, de nombreuses photos de soutien circulent sur Twitter.

Depuis l'arrestation des adolescents, de nombreuses photos de soutien circulent sur Twitter. © DR

Les adolescents marocains arrêtés la semaine dernière pour avoir posté sur Facebook une photo de leur baiser, ont été libérés lundi. De retour dans leurs familles, ils seront jugés vendredi pour « atteinte à la pudeur ». En attendant, les internautes marocains agitent la Toile et appellent, de Casablanca à Paris, à l’organisation massive de « Kiss-in » – rassemblements où l’on s’embrasse – pour demander une modification de la législation chérifienne.

Libérés, lundi 7 octobre, et remis à leur famille, les trois adolescents marocains appréhendés par la police pour avoir publié sur Facebook une photo montrant deux d’entre eux s’embrasser, ne sont pas pour autant sorti d’affaire. En liberté provisoire, ils attendent désormais leur procès, qui se tiendra vendredi, pour « atteinte à la pudeur ».

>> Lire aussi : « Maroc : autant en emporte le baiser »

Mouhsin, 15 ans, et sa petite amie Raja, 14 ans, se sont fait photographier par leur ami Oussama, 16 ans, en train de s’embrasser devant leur lycée de Nador, dans le nord du pays. Aussitôt une association, l’Organisation unie des droits de l’homme et des libertés publiques, basée à Nador, a porté plainte après avoir reçu celles de parents d’élèves.

Dans son courrier au procureur, l’association explique agir « par souci de défendre la société contre les dérives morales ». « L’acte commis est une atteinte à la pudeur et menace notre société en touchant les fondements de notre éducation et de notre enseignement », ajoute-t-elle.

« Un baiser n’est pas un crime »

Seulement, faute de corriger une prétendue « dérive morale », c’est un déferlement de baisers qu’a provoqué la plainte de l’association. De nombreuses pétitions, notamment « Un baiser n’est pas un crime », mais surtout de nombreux clichés de couples s’embrassant circulent, via Twitter ou Facebook. Certains sont même devenus relativement célèbres, via le hashtag #freeboussa (baisers libres) utilisé 1 800 fois en quatre jours.

Les trois adolescents pourraient même devenir les symboles d’une manifestation qui les dépasse. Un « kiss-in » a ainsi été organisé à Paris, lundi 7 octobre, devant l’ambassade du Maroc. Et d’autres vont suivre, notamment mercredi 9 octobre à Mohammedia, sur le territoire marocain cette fois, devant le Green Parc de la ville. « Mobilisons-nous tous contre l’arrestation de ces deux adolescents et luttons contre les mentalités rétrogrades moyenâgeuses », peut-on lire sur la page Facebook de l’événement.

Samedi 12 octobre, c’est à Rabat même, devant le Parlement, que les participants sont invités à se rassembler, alors que le procès aura eu lieu la veille, pour demander une modification de la législation. « Nous appelons tous les marocains à participer au kiss-in géant pour la légalisation de l’amour dans une société où l’on vit cachés », soulignent ainsi les organisateurs, sur les réseaux sociaux. « Pour vivre heureux, vivons cachés », dit l’adage. Pas sûr que les Marocains soient tous de cet avis.

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Par Mathieu OLIVIER

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