Société

Zimbabwe : au moins cent éléphants empoisonnés au cyanure

| Par Jeune Afrique
Une carcasse d'éléphant, tué pour ses défenses, à Samburu, au Kenya en août 2012.

Une carcasse d'éléphant, tué pour ses défenses, à Samburu, au Kenya en août 2012. © AFP/Simon Maina

Au moins cent éléphants, empoisonnés au cyanure, ont été retrouvés morts cette semaine dans le plus grand parc national animalier du Zimbabwe, ont indiqué les autorités de conservation de la vie sauvage, après la découverte de dix nouvelles carcasses.

Les autorités zimbabwéennes de conservation de la vie sauvage ont fait savoir, après une nouvelle découverte macabre, qu’au moins cent éléphants ont été retrouvés morts cette semaine, empoisonnés au cyanure, dans le parc de Hwange, le plus grand parc national animalier du pays.

"Dix carcasses d’éléphants ont été découvertes à Hwange avant-hier, deux suspects ont été arrêtés et 14 pièces d’ivoire saisies", a indiqué Caroline Washaya-Moyo, une porte-parole de l’autorité gestionnaire des parcs nationaux. De nombreux autres animaux ont aussi succombé à un empoisonnement, selon les autorités qui n’ont pas voulu donner de détails.

Les autorités du parc sont de fait impuissantes à contrer le braconnage. D’une étendue de plus de 14 000 km2 (soit la moitié de la Belgique), le parc de Hwange est patrouillé par seulement une cinquantaine de "rangers", alors que dix fois plus de patrouilles seraient nécessaires pour bien faire.

Pauvreté

Ces dernières semaines, douze personnes ont été arrêtées, dont trois ont été condamnées le mois dernier à des peines d’au moins 15 ans de prison, assorties d’une lourde amende de 600 000 dollars (440 000 euros). Les autorités ont aussi lancé un ultimatum aux habitants d’un village en bordure du parc accusés de détenir du cyanure.
Les chefs coutumiers de Tsholotsho ont imploré le pardon des autorités nationales en soulignant que si des villageois s’étaient rendus complices de braconnage, c’était à cause de la pauvreté, et non par cupidité.

Le nombre d’éléphants est estimé à plus de 120 000 dans les parcs nationaux du Zimbabwe. Ils sont victimes de réseaux organisés de braconnage, qui arrachent les défenses de leurs proies pour les exporter vers l’Asie et le Moyen-Orient, où l’ivoire se vend à prix d’or. En dépit de son interdiction depuis 1989, ce trafic brasse chaque année environ 10 milliards de dollars selon un expert dans la protection des animaux sauvages. Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) pour sa part évalue à entre 25 000 et 35 000 le nombre de pachydermes abattus annuellement. En d’autres termes, un éléphant est tué toutes les quinze minutes en Afrique. Ce symbole du continent pourrait ainsi disparaître d’ici vingt ans.

(Avec AFP)

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